Afghanistan : nous ne pourrons accepter de retour en arrière.

AFGHANISTAN
INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST
REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE
New York, le 3 septembre 2020

Monsieur le président,

Je vous remercie. J’aimerais commencer en remerciant les intervenants, la Représentante spéciale du Secrétaire général, Deborah Lyons, la Représentante permanente de l’Afghanistan Adela Raz, ainsi que Saad Mohseni dont la présentation nous a rappelé l’attention que nous devions porter à la liberté de la presse et la sécurité des journalistes, partout dans le monde bien sûr, mais en particulier en Afghanistan.

Alors que les négociations inter-afghanes de paix pourraient débuter rapidement, j’aimerais rappeler que le processus de paix ne pourra réussir durablement que si les acquis démocratiques et en matière des droits de l’Homme des vingt dernières années sont préservés. Nous ne pourrons accepter de retour en arrière. Les droits de l’Homme, la liberté de la presse, la participation effective des femmes à la vie politique, la prise en compte des besoins des victimes du conflit sont autant de conditions sine qua non d’une paix durable. Le gouvernement afghan s’est engagé dans la voie de la paix en prenant des mesures de confiance et en nommant une équipe de négociation.

Il revient aux Talibans de respecter les engagements qu’ils ont pris au titre de l’accord du 29 février 2020, notamment en rompant leurs liens avec les organisations terroristes internationales, en particulier Al-Qaïda et Daech. La réduction de la violence doit être une priorité pour créer les conditions propices au lancement des négociations inter-afghanes. Le conflit en Afghanistan continue de coûter la vie à de trop nombreux civils, en particulier les femmes et les enfants. La pandémie de COVID-19, qui continue de se propager, aggrave fortement la situation humanitaire. Les attaques contre les civils et contre les infrastructures de santé sont absolument inacceptables. Tout doit être fait pour mettre en œuvre la résolution 2532, avec la mise en place immédiate d’une cessation des hostilités et d’une pause humanitaire. Le respect du droit international humanitaire est une obligation qui s’impose bien entendu à toutes les parties. La protection des civils, des femmes et des enfants, y compris des personnels humanitaires et médicaux doit être une priorité absolue.

Par ailleurs, le développement économique et social de l’Afghanistan doit se poursuivre, avec l’aide de la communauté internationale et son soutien, et je me réjouis à cet égard de l’avancée des préparatifs de la conférence des donateurs qui aura lieu à la fin de l’année. Je veux toutefois rappeler que le soutien de l’Union européenne sera conditionné au respect de principes clés, notamment en matière de gouvernance démocratique et en matière de respect de droits de l’Homme. Le développement de l’Afghanistan ne sera soutenable qu’en poursuivant par ailleurs le combat contre le fléau que représente la drogue, en veillant à soutenir parallèlement le développement économique et social du pays. La persistance du trafic de drogues alimente en effet, nous le savons tous, les groupes terroristes et elle met en danger la vie de milliers d’Afghans. Les engagements pris en matière de lutte contre la drogue comme de lutte contre le terrorisme et de respect des droits fondamentaux doivent être respectés. L’Afghanistan demeurera lié par les Conventions internationales librement ratifiées, notamment celles relatives au respect des droits de l’Homme.

En conclusion, Monsieur le président, j’aimerais redire que nous devons, plus que jamais, rester unis, la communauté internationale doit rester unie pour soutenir la trajectoire de l’Afghanistan vers la paix, la stabilité, la démocratie et le développement économique et social. La France continuera de se tenir aux côtés du peuple afghan et de soutenir pleinement le processus de paix. J’aimerais enfin saluer le rôle essentiel des Nations unies et de la MANUA, dont nous allons renouveler le mandat ce mois-ci, et bien sûr de la Représentante spéciale du Secrétaire général, Deborah Lyons qui a notre soutien absolu et que je remercie.

Je vous remercie.

Dernière modification : 03/09/2020

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