Alliance pour le Multilatéralisme, pour un agenda positif de coopération internationale

Décès de Jacques Chirac / Alliance pour le Multilatéralisme et Partenariat pour l’information et la démocratie
Remarques à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
74ème session de l’Assemblée générale des Nations unies - 26 septembre 2019

Mesdames et Messieurs,

Je m’adresse à vous alors que la France est en deuil après la disparition de Jacques Chirac.

Le Président de la République fera une intervention solennelle ce soir.

Je tenais moi-même à saluer au seuil de cette salle où se réunit le Conseil de sécurité la stature de l’homme d’Etat, l’avocat inlassable des valeurs de la République et le défenseur rigoureux d’un ordre international fondé sur le droit.

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Mesdames et Messieurs,

Je vais présider dans quelques instants, avec les Ministres de l’Allemagne, du Ghana, du Chili, du Mexique et de Singapour, la première réunion de l’Alliance pour le Multilatéralisme. L’Alliance pour le Multilatéralisme vise à porter un agenda positif pour la coopération internationale. Elle fonctionne comme un incubateur, un agrégateur des bonnes volontés ; celle des Etats mais aussi celle des acteurs de la société civile mais aussi des entreprises.

Cette initiative rencontre un réel succès puisque nous étions quatre au lancement de ce projet, avec les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada et du Japon, et nous allons nous réunir à près de 70 ministres et directeurs d’agences onusiennes tout à l’heure.

L’Alliance présentera ses premières initiatives construites selon cette méthode, cette nouvelle manière de faire du multilatéralisme, qui est d’alimenter le travail des organisations internationales. On passe du concept au réel : toute une série d’initiatives concrètes vont être formalisées au cours de cette réunion, que ce soit sur le droit humanitaire, sur la sécurité, sur les questions d’éducation, du climat ou de la préservation des biens communs.

Mais il y aura une nouvelle initiative qui sera aussi proposée, celle du Partenariat pour l’information et la démocratie, initiée par Reporters sans frontières, et qui est déjà endossée aujourd’hui par un groupe de 20 Etats. L’émergence d’un espace numérique global bouleverse le monde de l’information. Cette évolution est porteuse de progrès mais aussi de risques : la fragilisation du journalisme professionnel, le maintien d’un contrôle politique sur les médias dans de nombreux pays, le développement de la désinformation massive en ligne notamment dans les campagnes électorales... Toutes ces évolutions minent la confiance dans les institutions démocratiques, y compris dans les médias professionnels libres. Et le Partenariat pour l’information et la démocratie apporte une réponse à ces défis. Il vise à mobiliser Etats, professionnels des medias, entreprises et société civile afin de défendre la possibilité de chaque individu d’accéder à une information libre.

Christophe Deloire va vous en dire un mot pour vous en expliquer le fonctionnement. Et surtout le texte du partenariat qui sera diffusé aujourd’hui pose pour la première fois dans une déclaration politique les principes d’un droit à une information fiable. Les critères retenus sont clairs : une information est fiable dans la mesure où sa collecte, son traitement et sa diffusion sont libres, indépendantes, divers et fondée sur le croisement de plusieurs sources dans un paysage médiatique pluraliste où les faits peuvent donner lieu à des interprétations et à des points de vue variés. Cette définition est, à mon sens, un outil essentiel pour que nos sociétés développent des capacités de prévention, d’autorégulation et de résilience face aux manipulations de l’information. Voilà les enjeux de ce partenariat pour l’information et la démocratie, déjà endossé par une vingtaine d’Etats. Et je donne la parole à Christophe Deloire.

Dernière modification : 11/10/2019

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