Appel pour supprimer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne [en]

Appel de Christchurch pour supprimer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne

Communiqué de la Présidence de la République - 15 mai 2019

Le Président de la République, Emmanuel Macron, et la Première Ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, ont mobilisé un groupe de chefs d’État et de gouvernement, d’organisations internationales, de dirigeants d’entreprises et d’organisations du numérique, pour agir contre les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne, et mettre fin à l’instrumentalisation de l’Internet par les acteurs terroristes.

A travers l’Appel de Christchurch – du nom de la ville néo-zélandaise dans laquelle 51 personnes de la communauté musulmane ont trouvé la mort lors des attentats terroristes diffusés en direct sur Internet le 15 mars dernier –, 10 chefs d’État, de gouvernement et d’organisations internationales, ainsi que des acteurs majeurs du secteur du numérique s’engagent à mener une action collective, en lien avec la société civile, pour éliminer ces contenus en ligne.

L’Appel de Christchurch est un plan d’action qui engage gouvernements, organisations internationales et acteurs de l’Internet à prendre une série de mesures, notamment : développer des outils pour prévenir le téléchargement de contenus terroristes et extrémistes violents ; lutter contre les causes de l’extrémisme violent ; améliorer la transparence dans la détection et le retrait de contenus ; et veiller à ce que les algorithmes conçus et utilisés par les entreprises n’orientent pas les utilisateurs vers des contenus extrémistes violents, afin d’en réduire la viralité.

« Nous pouvons être fiers de ce que nous avons commencé aujourd’hui avec l’Appel de Christchurch. Nous avons pris des mesures concrètes afin d’empêcher qu’un drame comme celui de Christchurch ne se reproduise. L’attentat terroriste du 15 mars a choqué, notamment par son instrumentalisation des réseaux sociaux. Avec l’appel de Christchurch, nous avons adopté une approche unique pour résoudre ce problème » a déclaré Jacinda Ardern.

Pour la première fois, les gouvernements, les organisations internationales, les entreprises et organisations du numérique se sont accordés sur un ensemble de mesures et sur une collaboration de longue durée afin de rendre Internet plus sûr.

Le travail accompli aujourd’hui n’est que le premier pas vers un objectif commun d’élimination des contenus terroristes en ligne. Mais les mesures prises pour y parvenir ne se limitent pas à ce qui a été fait aujourd’hui : il a été convenu de poursuivre le travail collaboratif afin d’améliorer la sécurité collective.

« Nous devons entreprendre ces efforts pour les personnes touchées par l’attentat de Christchurch, et pour les autres villes du monde frappées par le terrorisme et l’extrémisme violent. »

L’Appel prend en compte le fait que l’action de régulation des Etats, à elle seule, ne suffira pas pour résoudre le problème. Il est nécessaire de faire appel à la créativité et au savoir-faire technique des entreprises et organisations de l’Internet pour trouver des solutions, tout en veillant au respect de la liberté d’Internet et en préservant les actions bénéfiques de ce dernier.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré : « Nous devons bâtir un Internet libre, ouvert et sûr, qui donne à chacun la possibilité de partager, d’apprendre, d’innover, mais qui nous permet également de défendre nos valeurs, de protéger nos concitoyens et de les responsabiliser ».

La Première Ministre, Jacinda Ardern, a déclaré : « À partir d’aujourd’hui, nous travaillerons aux côtés des autres acteurs engagés dans l’Appel de Christchurch afin de rassembler davantage de partenaires et de développer une série d’initiatives concrètes pour garantir que les promesses faites aujourd’hui seront mises en œuvre ».

La Nouvelle-Zélande et la France porteront l’Appel de Christchurch auprès d’autres pays et entreprises et feront progresser ces objectifs dans d’autres enceintes internationales. Nous nous réunirons à nouveau cette année, lors du segment de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, où nous espérons que des progrès significatifs auront été réalisés dans ce domaine.

L’Appel a été adopté par la France, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Irlande, la Jordanie, la Norvège, le Royaume-Uni, le Sénégal, l’Indonésie, la Commission européenne ainsi que par Amazon, Facebook, Google, Microsoft, Qwant, Twitter, Youtube et DailyMotion. D’autres pays dont l’Australie, l’Allemagne, l’Inde, le Japon, le Pays-Bas, l’Espagne et la Suède ont également apporté leur soutien à l’Appel.

Le texte de l’appel et la liste des soutiens sont disponibles sur le site www.ChristchurchCall.com

Appel de Christchurch pour supprimer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne

Un internet libre, ouvert et sûr est un outil puissant pour favoriser les échanges, l’inclusion et la croissance économique.

Cependant, Internet peut aussi être détourné par des acteurs terroristes et extrémistes violents, comme l’ont tragiquement montré les attentats terroristes du 15 mars 2019 contre la communauté musulmane de Christchurch, attentats qui avaient été conçus pour se propager en ligne de manière virale.

La diffusion de ce type de contenu sur Internet a des effets délétères sur les droits des victimes, sur notre sécurité collective et sur les populations du monde entier.

Des mesures importantes ont déjà été prises pour lutter contre ce danger, que ce soit, entre autres, par la Commission européenne à travers des initiatives telles que le Forum de l’Union Européenne sur l’Internet, par le G20 et G7, y compris dans le cadre des travaux en cours menés sous la présidence française du G7 dans le domaine de la lutte contre l’utilisation de l’Internet à des fins de terrorisme et d’extrémisme violent, ainsi que par le Forum mondial de l’Internet contre le terrorisme (GIFCT), le Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCF), l’initiative Tech Against Terrorism et le processus d’Aqaba mis en place par le Royaume hachémite de Jordanie.

Les événements de Christchurch ont démontré une nouvelle fois qu’il était urgent d’agir et de renforcer la coopération entre les nombreux acteurs ayant une influence dans ce domaine, notamment les gouvernements, la société civile et les fournisseurs de services en ligne, comme les entreprises de réseaux sociaux, afin d’éliminer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne.

Cet Appel souligne les engagements collectifs et volontaires pris par les gouvernements et les fournisseurs de services en ligne pour faire face au problème des contenus terroristes et extrémistes violents en ligne et prévenir les utilisations abusives de l’Internet telles que celles commises durant et après les attentats de Christchurch.

Toutes les mesures prises pour faire face à ce problème doivent être conformes aux principes d’un Internet libre, ouvert et sûr, dans le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, y compris la liberté d’expression.

Elles doivent également tenir compte du fait qu’internet peut avoir une action bénéfique, notamment à travers la promotion de l’innovation et du développement économique, mais aussi en favorisant l’intégration sociale.

Dernière modification : 16/05/2019

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