Au Yémen, une désescalade est nécessaire [en]

YEMEN

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE, REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 11 novembre 2020

Madame la Présidente,

Je remercie l’Envoyé spécial, Martin Griffiths, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, David Beasley et Omer Badokhon pour leurs interventions.

Nous devons enfin parvenir à un règlement politique pour le Yémen.

Il faut pour cela qu’une cessation des hostilités soit conclue et qu’un nouveau gouvernement soit formé.

Une désescalade est nécessaire. Elle doit conduire à une cessation des hostilités. Au Nord, le niveau de tensions autour de Marib et la résurgence de tensions à Hodeïda sont préoccupants. Les parties yéménites doivent cesser leurs affrontements et renoncer à l’option militaire dans le Nord comme dans l’ensemble du pays. A Hodeïda, nous appelons les parties yéménites à se réunir à nouveau dans le cadre du comité de coordination du redéploiement de la Mission des Nations Unies en appui à l’accord sur Hodeïda pour mettre en œuvre l’accord de Stockholm et faire baisser les tensions.

Nous condamnons également les attaques houthies lancées contre le territoire saoudien, qui menacent la sécurité du Royaume et la stabilité de la région.

Un nouveau gouvernement yéménite doit être formé sans délai. Les forces politiques yéménites doivent mettre en œuvre l’accord de Riyad et valider les premiers efforts accomplis pour répartir les portefeuilles ministériels. Nous saluons à nouveau les efforts menés par l’Arabie Saoudite pour faciliter la conclusion de cet accord et sa mise en œuvre.

Ce nouveau gouvernement devra rechercher une solution politique globale.

Nous appelons les parties à s’engager de bonne foi dans le dialogue sur le projet de déclaration conjointe proposé par l’Envoyé spécial, à qui nous réitérons tout notre soutien.

La situation humanitaire, comme Mark Lowcock et David Beasley l’ont décrit, ne cesse de se détériorer : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le spectre de la famine se profile de nouveau.

Nous devons donc collectivement agir pour éviter une telle catastrophe. Je tiens ici à saluer le travail remarquable des acteurs humanitaires et notamment du PAM. Votre combat contre la faim dans le monde est crucial et vous pouvez compter sur la France.

Nous ne devons pas sous-estimer le risque d’une deuxième vague de propagation de la COVID-19, dont les conséquences seraient dramatiques.

Nous ne cesserons de le répéter : toutes les parties ont l’obligation de garantir l’accès humanitaire. Ce point fera l’objet d’une attention particulière à l’occasion de la réunion des bailleurs le 12 novembre prochain, sous co-présidence européenne et suédoise. Je tiens également à rappeler que la protection des civils doit rester une priorité absolue.

Enfin, il est indispensable de permettre à la mission d’inspection mandatée par les Nations Unies d’accéder immédiatement au pétrolier SAFER. Nous devons tout faire pour éviter une catastrophe et cette inspection n’a que trop été retardée.

La France reste pleinement mobilisée, auprès des acteurs concernés, pour trouver une issue politique à la guerre au Yémen. Et les autorités françaises poursuivront leur engagement en faveur d’une désescalade dans l’ensemble de la région.

Je vous remercie.

Dernière modification : 11/11/2020

Haut de page