Burundi : la France appelle à l’organisation d’élections libres [en]

Burundi
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 30 octobre 2019

Madame la Présidente,

Je voudrais commencer par remercier l’Envoyé spécial du Secrétaire général, ainsi que l’Ambassadeur de Suisse pour leurs présentations et surtout pour leur travail en appui à la paix et à la réconciliation au Burundi.

La France souhaite elle aussi que l’Etat de droit et les droits de l’Homme soient respectés au Burundi et que ce pays puisse connaître le développement et la croissance, et qu’il bénéficie de la dynamique en cours dans la région des Grands lacs.

Les élections de 2020 seront une étape cruciale. Seule l’organisation d’élections libres permettra de retrouver le chemin de la stabilité. Ces échéances doivent se préparer dans le consensus, avec la confiance de tous les acteurs politiques et de la population.

L’engagement du Président Nkurunziza à ne pas se représenter, les discussions en cours avec certains responsables politiques en exil, contribuent à l’apaisement. Mais les violences exercées à l’encontre de militants, les arrestations arbitraires de journalistes et de membres de l’opposition et les actes de vandalisme contre les permanences de partis d’opposition doivent être condamnés et cesser. La France invite instamment les autorités burundaises à en poursuivre les auteurs et à tout faire pour que de tels actes ne se reproduisent pas.

La garantie de la liberté d’expression pendant la campagne, l’ouverture de l’espace politique et la sécurité des candidats et partisans des différents partis seraient les bienvenues. Des mesures techniques, telle l’observation électorale citoyenne, la transparence dans le dépouillement des votes, peuvent également contribuer à bâtir cette confiance. Plusieurs partenaires ont marqué leur disponibilité pour appuyer le Burundi dans la préparation de ces élections s’il le souhaitait. La France encourage vivement les autorités burundaises à saisir cette opportunité.

En parallèle, la France reste préoccupée par la persistance des violations des droits de l’Homme dans le pays, des violences, y compris des violences sexuelles ainsi que par la fermeture du bureau du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. Elle encourage les autorités burundaises à respecter pleinement leurs engagements internationaux en matière de protection des droits de l’Homme. Ces mesures sont, elles aussi, nécessaires à la tenue d’élections inclusives et apaisées. A ce titre, la France continuera à suivre la situation humanitaire avec beaucoup de vigilance.

Au-delà de la préparation des élections, un dialogue politique reste nécessaire, dans l’esprit de l’accord d’Arusha, pour permettre une normalisation de la situation. Un tel dialogue permettra de renforcer la confiance dans le processus électoral et d’éviter que les élections ne se tiennent dans une atmosphère de tensions. La France encourage la communauté des Etats d’Afrique orientale à poursuivre ses efforts de médiation et appelle en outre les autorités burundaises à dialoguer avec le bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies.

Dans la période charnière qui s’ouvre, il est important que les Nations unies restent pleinement engagées. Cette attention accrue se justifie autant par le suivi pré-électoral que par le risque régional que ferait peser une dégradation de la situation au Burundi. C’est pourquoi ce Conseil ne peut pas se désintéresser de la situation dans ce pays.

L’engagement du Secrétaire général et de ses équipes reste plus que jamais nécessaire. Nous partageons ses recommandations. La France invite à ce titre le Burundi à finaliser sans tarder l’accord sur le statut de la mission pour le bureau de l’Envoyé spécial.

Je conclurais en disant que nous regretterons le départ de l’Envoyé spécial, que nous partageons son appréciation sur le nécessaire maintien de l’engagement des Nation unies dans le pays, et pour remercier personnellement et chaleureusement le Président Kafando.

Dernière modification : 31/10/2019

Haut de page