Burundi : le pays ne retrouvera la stabilité qu’avec des élections libres et inclusives [en]

Burundi
Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 14 juin 2019

Monsieur le Président,

Je voudrais commencer par remercier chaleureusement le sous-secrétaire général Oscar Fernandez-Taranco, le Commissaire Smaïl Chergui et l’Ambassadeur Jürg Lauber pour leurs présentations importantes. Je serai bref afin, comme vous nous y invitez, que nous puissions avoir suffisamment de temps pour nos échanges en consultations.

J’insisterai sur trois points : le fait d’abord qu’à un an des élections, le Burundi est à la croisée des chemins ; le caractère indispensable ensuite de la mobilisation de la région ; et la nécessité enfin pour les Nations unies de rester pleinement engagées, en soutien aux efforts régionaux.

1/ Première observation, le Burundi ne retrouvera le chemin de la stabilité qu’avec l’organisation d’élections libres et inclusives en 2020 - comme cela vient d’être dit.

Les élections sont dans un an : c’est demain. Il est essentiel que le Burundi prépare ces échéances de la meilleure manière possible.

Nous saluons l’engagement du Président Nkurunziza à ne pas se représenter et la reconnaissance, en février, du principal parti d’opposition. Des gestes supplémentaires n’en sont pas moins nécessaires, notamment en assurant à tous les partis un libre accès au territoire burundais, et en respectant les droits des opposants. La France appelle les autorités burundaises à respecter pleinement leurs engagements internationaux en matière de droits de l’Homme et continuera à suivre la situation humanitaire et des droits de l’Homme avec beaucoup d’attention.

2/ Dans ce contexte, la mobilisation de la région est indispensable - c’est ma deuxième observation.

Votre intervention devant ce Conseil, Monsieur le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, est particulièrement bienvenue. Nous saluons en effet les efforts de l’Union africaine et l’encourageons à poursuivre son engagement en ce sens, afin d’accompagner le Burundi et de soutenir les efforts de la Communauté d’Afrique de l’Est.

A travers la médiation confiée à l’EAC, les Etats de la région ont apporté leur soutien à la recherche d’une solution durable à la crise politique ouverte en 2015. Nous saluons à cet égard l’engagement du Médiateur, le Président Museveni, et la contribution du facilitateur, le président Mkapa. Les Présidents du Kenya et de la Tanzanie ont été invités par leurs pairs à s’investir également. Il importe aujourd’hui de recueillir l’évaluation de l’action menée par la région. La mobilisation de chacun est nécessaire - la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est, l’Union africaine, mais aussi les garants de l’Accord d’Arusha - afin d’accompagner le Burundi sur le chemin de la stabilisation.

3/ Il est important dans ce contexte que les Nations unies restent pleinement engagées, en soutien aux efforts régionaux - c’est mon troisième point.

A un an des élections, compte tenu de la remise en cause de certains équilibres prévus par l’Accord d’Arusha et des préoccupations que suscite la présence de certains foyers de tension à l’échelle de la région, le Conseil de sécurité ne peut pas se désintéresser de la situation au Burundi.

La mission de M. Kafando et de ses équipes est également plus que jamais nécessaire. Elle permet en effet d’assister les efforts de médiation de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est et d’œuvrer avec toutes les parties prenantes à l’élaboration de mesures de confiance, afin d’instaurer un climat propice au dialogue politique et de faciliter un processus de réconciliation inclusif.

Nous remercions M. Kafando pour ses efforts et l’encourageons à poursuivre ses consultations, afin de présenter rapidement des options sur le rôle que les Nations Unies pourraient jouer, en appui aux efforts régionaux, pour aller vers une normalisation de la situation au Burundi.

Je vous remercie.

Dernière modification : 14/06/2019

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