Burundi : pour des élections libres et inclusives en 2020. [en]

Burundi
Intervention de M. Antoine Michon, Coordinateur politique de la représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 19 février 2019

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement M. Michel Kafando, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi, pour sa présentation éclairante et pour son engagement personnel sur ce dossier. Je remercie également l’Ambassadeur de la Suisse, M. Jürg Lauber, qui mène un travail extrêmement utile à la tête de la configuration de la commission de la consolidation de la paix sur le Burundi. Je remercie également Mme Fatima Mohammad, observatrice permanente de l’Union africaine, pour son intervention importante.
Je veux aujourd’hui mettre l’accent sur trois points : (i) la préparation des élections de 2020 ; (ii) la situation des droits de l’Homme au Burundi ; (iii) le rôle de la communauté internationale pour accompagner le Burundi.

1/ Mon premier point porte sur les élections de 2020 et, à cet égard, la France tient tout d’abord à saluer la reconnaissance, la semaine dernière, du Congrès national pour la liberté, formation menée par Agathon Rwasa, en tant que parti politique, ce qui l’autorise à participer aux prochaines élections. Cette décision est un pas dans la bonne direction qui vient confirmer une orientation amorcée, en juin dernier, avec l’engagement du Président Nkurunziza de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Nous sommes convaincus que le Burundi ne retrouvera le chemin de la stabilité qu’avec l’organisation d’élections libres et inclusives en 2020, dans le respect des accords d’Arusha. Et il est désormais temps pour le Burundi de préparer sans tarder cette échéance de la meilleure manière possible.
La dynamique positive qui a été initiée doit désormais être poursuivie en assurant à tous les partis politiques un accès équitable et juste au scrutin. L’espace démocratique doit être préservé et ouvert à tous, et les droits civils et politiques doivent être respectés pour permettre un débat apaisé.

Pour ce faire, nous encourageons les autorités burundaises à poursuivre le dialogue inter-burundais : ce dialogue entre les autorités et l’opposition est indispensable et je tiens à cet égard à saluer l’implication personnelle du facilitateur mandaté par la Commission des États d’Afrique de l’Est, le Président Mkapa, dont la détermination à garder le cap qui lui avait été fixé, mérite d’être saluée. Il a conclu son travail et nous devons capitaliser sur le travail qu’il a mené et trouver ensemble le moyen de poursuivre ses efforts.

2/ S’agissant de la situation des droits de l’Homme, la France respecte la souveraineté burundaise mais reste particulièrement vigilante et attend du Burundi des gestes supplémentaires et concrets en matière de respect des droits de l’Homme.

Après la fermeture regrettable du bureau du Haut-commissariat aux droits de l’Homme, nous souhaitons appeler à nouveau les autorités du Burundi à une plus grande coopération avec les mécanismes de protection des droits de l’Homme des Nations unies et à lutter contre l’impunité.

Nous nous tenons aux côtés des autorités burundaises pour les accompagner dans la reprise du dialogue avec les instances onusiennes.

La France suit enfin avec attention la situation humanitaire et le sort des déplacés et des réfugiés. Il est important que les retours de réfugiés se fassent sur une base volontaire et interviennent de façon sûre et digne, conformément aux principes du droit international humanitaire. Et nous comptons sur les autorités burundaises pour faire en sorte que ces retours se déroulent dans les meilleures conditions possibles et nous sommes prêts à les y aider pour ce faire.

3/ Enfin, et ce sera mon dernier point, la communauté internationale doit rester pleinement mobilisée aux côtés des Burundais. Les élections de l’an prochain seront un moment crucial, et sensible. Nous ne devons pas abandonner le Burundi au milieu du gué.
Il revient à la Communauté des états d’Afrique de l’Est et à l’Union africaine de poursuivre leur travail pour accompagner le mieux possible la préparation des élections et la sortie de la crise. Et les Nations unies ont bien entendu un rôle important pour appuyer de la meilleure manière possible le processus engagé à l’échelle régionale.

Nous sommes par ailleurs de plus en plus inquiets de la multiplication des violences dans la région des Grands Lacs. Nous tenons à exprimer notre préoccupation face à la possibilité que cette montée des tensions soit le ferment d’une plus grande déstabilisation à l’échelle régionale. Néanmoins, nous avons constaté le désir de changement pacifique qui s’est exprimé en RDC à travers la récente élections présidentielles et qui témoigne d’une aspiration collective à plus de stabilité et de prospérité. Et nous formons le vœu que ce développement positif inspire l’ensemble des pays de la région et nous sommes prêts à les accompagner dans ce sens.

Pour conclure, je tiens à dire que la mission de M. Kafando et de ses équipes reste nécessaire et nous encourageons l’Envoyé spécial à poursuivre son travail de consultations afin de présenter rapidement à ce conseil des options sur le rôle que les Nations unies pourraient jouer, en appui aux efforts régionaux.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 25/02/2019

Haut de page