Cameroun : il est impératif que les civils soient protégés des violences

Situation humanitaire au Cameroun
Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Réunion du conseil de sécurité en format Arria – 13 mai 2019

Madame la Présidente,

Je tiens tout d’abord à remercier nos quatre briefeurs pour leurs exposés très utiles et éclairants. La France est très préoccupée par la dégradation de la situation humanitaire au Cameroun, en particulier dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi dans l’extrême-nord du pays, en raison de l’action de Boko Haram, et dans l’est du pays, en raison de l’impact de la crise centrafricaine.

Je ne reviendrai pas ici sur les chiffres qui viennent de nous être exposés - ils parlent d’eux-mêmes - mais je souhaiterais mettre en avant 3 axes d’action sur lesquels nous devons collectivement concentrer nos efforts :

1. Le premier axe est la protection des civils, y compris des personnels humanitaires et médicaux, qui doit être une priorité absolue pour tous.
Les attaques contre les civils, qui sont pris pour cible, et la forte hausse des attaques contre les personnels humanitaires et médicaux ainsi que les infrastructures de santé et les écoles sont très préoccupantes. Il est impératif que les civils soient protégés des violences et que le droit international humanitaire et les droits de l’Homme soient respectés. Cet impératif s’impose à tous et n’est pas négociable. Il est par ailleurs essentiel que des enquêtes impartiales soient menées pour faire la lumière sur les violations et que les responsables rendent des comptes devant la justice, quelle que soit leur affiliation.

2. Le deuxième axe est la garantie des accès humanitaires sur l’ensemble du territoire.
Plus d’une personne sur six au Cameroun a besoin d’une aide humanitaire. Nous devons tout faire pour garantir un accès humanitaire immédiat, sûr, sans entrave et durable à l’ensemble des personnes dans le besoin, en particulier les femmes et les enfants, ainsi que les réfugiés et les déplacés internes, qui sont dans une situation de grande vulnérabilité. Il est essentiel que les personnels humanitaires et médicaux puissent avoir accès à ces personnes, afin de mener une évaluation appropriée des besoins et de leur apporter une assistance humanitaire.

3. Enfin notre troisième axe d’action consiste à promouvoir la stabilisation des zones affectées du Cameroun afin de mettre fin à cette crise humanitaire, en appui des efforts des autorités camerounaises.

Face aux facteurs divers qui contribuent à cette détresse humanitaire, les efforts de stabilisation doivent être à la fois concertés et complémentaires entre eux. C’est pourquoi nous appelons à poursuivre la lutte contre Boko Haram dans le Bassin du lac Tchad. C’est pourquoi nous appelons par ailleurs à continuer à œuvrer collectivement pour une paix durable en RCA. C’est pourquoi nous encourageons enfin pleinement les autorités camerounaises à intensifier leurs efforts pour lancer un dialogue politique inclusif concernant les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Nous appelons également l’ensemble des acteurs à cesser les violences et à assurer la restauration de l’Etat de droit. Les récentes annonces du Premier ministre camerounais sont à cet égard encourageantes. Nous formons le vœu qu’elles soient mises en œuvre sans retard.

Madame la Présidente, la France continuera à contribuer à la réponse à la crise humanitaire au Cameroun, tant à titre bilatéral que via l’Union européenne. Le Cameroun est, pour nous tous, un partenaire essentiel et un pays clé dans cette région. Nous devons collectivement continuer à lui apporter notre plein soutien pour l’encourager dans la voie du dialogue et l’aider à surmonter cette crise. Vous pouvez compter sur l’engagement déterminé et résolu de la France en ce sens.

Je vous remercie.

Dernière modification : 13/05/2019

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