Partenariat ONU-UA pour la prévention et la résolution des crises en Afrique [en]

ONU/UA
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 30 octobre 2019

Monsieur le Président,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour avoir organisé cette réunion et également pour avoir conduit la semaine dernière cette visite très réussie du Conseil de sécurité au siège de l’Union africaine. Je remercie par ailleurs les deux intervenantes pour leurs exposés.

Je souhaite à présent souligner trois points.

Mon premier message est que le partenariat entre les Nations unies, l’Union africaine et les organisations sous-régionales africaines revêt aujourd’hui une importance stratégique pour la prévention et la résolution des crises en Afrique. La France est donc résolument engagée à le soutenir ,dans le cadre du Chapitre VIII de la Charte. Nous soutenons aussi le développement de la coopération trilatérale entre les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne.

De nombreux progrès ont été accomplis sous l’impulsion du Secrétaire général et du Président de la Commission de l’Union africaine et ce partenariat a déjà fait ses preuves.

En matière de prévention, les efforts de l’Union africaine, soutenus par les Nations unies, la SADC, et d’autres partenaires comme la France et l’Union européenne, ont permis de renforcer la transparence et la crédibilité d’élections présidentielles qui se sont tenues en 2018 : je pense à la République démocratique du Congo ou encore à Madagascar. Au Soudan, plus récemment, l’Union africaine et l’Ethiopie ont permis de faire émerger un accord, avec le soutien des Nations unies et de l’ensemble des amis du Soudan.

En matière de résolution des conflits, l’action de l’Union africaine et des Nations unies en République centrafricaine a conduit à la signature de l’accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés le 6 février dernier. Depuis lors, l’Union africaine et les Nations unies travaillent en étroite coopération pour garantir une mise en œuvre réussie de cet accord.

Au Sahel, l’action conjointe des Nations unies et de l’Union africaine est indispensable pour la mise en œuvre complète de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Dans la lutte contre le terrorisme, la MINUSMA apporte un soutien logistique à la Force conjointe du G5 Sahel dont le rôle sera renforcé par les initiatives prises en septembre dernier à Ouagadougou par les chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO, tout cela afin d’endiguer la menace terroriste. C’est dans ce cadre que nous avons proposé la mise en œuvre d’un nouveau Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel, une initiative franco-allemande, lancée aux côtés du président en exercice du G5 Sahel, le Président burkinabé Kaboré, lors du Sommet du G7 de Biarritz.

Madame la Présidente,

Mon deuxième message c’est que si le partenariat entre les Nations unies et l’Union africaine revêt une importance stratégique, c’est également en raison de la montée en puissance des opérations africaines de paix. Celles-ci répondent à un besoin réel et elles permettent d’intervenir rapidement sur des foyers de crise avant qu’ils ne dégénèrent. Nous soutenons par conséquent le développement et le financement durable et prévisible de ces opérations par l’Union africaine et les Nations unies, y compris en ayant recours aux contributions obligatoires. Nous restons bien sûr à l’écoute de nos partenaires de l’Union africaine et du A3 pour trouver une solution qui réponde aux besoins opérationnels et qui fasse consensus au sein de ce Conseil.

Dans ce contexte, nous considérons nécessaire que le travail engagé par les Nations unies et l’Union africaine se poursuive sur plusieurs autres volets : le cadre budgétaire et financier, le cadre de conformité en matière de droits de l’Homme, le cadre de présentation des rapports entre les deux organisations. La France est prête à apporter son plein soutien à cet égard.

Madame la Présidente,

Mon dernier message consiste à dire que pour répondre aux crises, une approche plus large, en amont et en aval, est nécessaire.

En matière de prévention, des résultats concrets ont déjà été obtenus comme je l’évoquais plus tôt. Mais nous pouvons aller plus loin. Je pense notamment aux synergies entre les instruments de l’Union africaine, tels que le Réseau panafricain des femmes médiatrices de l’Union africaine – Fem-Wise Africa –, et les instruments des Nations unies, tels que le conseil consultatif de haut niveau sur la médiation.

Je pense aussi à notre capacité à faire émerger une vision commune sur les problématiques du continent et aux consultations annuelles entre ce Conseil et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Comme la semaine dernière, celles-ci jouent un rôle très utile. Je souhaiterais également souligner le rôle du A3 au sein de ce Conseil en tant que « passerelle » entre les deux conseils. Je pense enfin à tous les efforts que nous pouvons déployer ensemble pour que les crises ne se répètent plus à l’avenir, notamment en investissant sur l’éducation des jeunes générations et en luttant activement contre le changement climatique.

Madame la Présidente,

Avant de conclure, je voudrais enfin insister sur la place centrale de la Francophonie dans le développement du partenariat entre les Nations unies et l’Union africaine et la nécessité de contribuer à son renforcement dans chacune des deux organisations car cette Francophonie, qui a son cœur en Afrique, est un élément clef pour une meilleure compréhension commune des défis du continent africain.

Je vous remercie Madame la Présidente.

Dernière modification : 08/11/2019

Haut de page