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Femmes, paix et sécurité
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 29 octobre 2019

Madame la Présidente,

Je remercie l’Afrique du Sud pour l’organisation de ce débat et pour son engagement résolu en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Je remercie aussi le Secrétaire général et les différentes intervenantes pour leurs présentations.

Alors que nous commémorerons en 2020 les 20 ans de l’adoption de la résolution 1325, les 25 ans de la Conférence de Pékin, et les 5 ans de l’Agenda 2030, il n’échappe à personne que nous sommes encore très loin d’atteindre les objectifs que nous nous sommes collectivement fixés.

Ces anniversaires ne résonneront malheureusement pas comme une victoire tant les premiers progrès enregistrés ont été remis en question par la succession des crises, dont les femmes sont souvent les premières victimes, mais aussi par une remise en cause inacceptable de leurs droits. Ces commémorations doivent être pour nous tous l’occasion de réfléchir à ce que nous pouvons faire pour donner une traduction concrète à nos engagements. Le cadre normatif est déjà là ; il nous reste à l’appliquer.

L’examen, en 2020, de la structure de consolidation de la paix aux Nations unies sera une étape importante. Plusieurs mesures ont déjà été prises. Nous saluons les initiatives d’ONU Femmes, moteur de changement au sein des Nations unies et à qui nous renouvelons tout notre soutien. La Stratégie de parité du Secrétaire général est également essentielle et nous devons tous nous mobiliser pour qu’elle soit intégralement mise en œuvre. Les plans d’action adoptés par la Commission de consolidation de la paix, le Département des opérations de maintien de la paix et le Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix doivent permettre une participation accrue des femmes aux opérations de paix et aux processus de négociation.

Les violences sexuelles continuent, en 2019, à être utilisées comme une arme de guerre. C’est intolérable et cela ne doit plus être toléré. Comme le Secrétaire général l’indique dans son rapport, les violences sexuelles sont particulièrement utilisées à l’encontre des femmes qui s’engagent pour la paix et la défense des droits de l’Homme. Ce Conseil doit donc réagir plus vigoureusement contre ce fléau. L’impunité ne peut pas être une option, et les auteurs et organisateurs de violences sexuelles doivent être traduits en justice.

Je tiens à saluer ici le Plan d’action des forces armées sud-soudanaises en matière de lutte contre la violence sexuelle liée au conflit. Je salue également les décisions prises par la force conjointe du G5 Sahel en la matière. Ce sont de premiers pas encourageants qui soulignent notamment comment ce Conseil peut orienter efficacement la lutte contre les violences sexuelles en temps de conflit. Mais ce ne sont que de premiers pas, et ces exemples doivent être suivis par tous.

La résolution 1325 a lancé un mouvement qu’il importe désormais d’accélérer. Nous devons rebâtir le consensus, fragilisé cette année, autour de la nécessité d’agir concrètement pour améliorer la participation des femmes aux processus de paix et améliorer leur protection contre les violences sexuelles. La résolution que nous venons d’adopter doit donc être l’occasion de consolider les acquis et d’aller beaucoup plus loin ensemble.

On le sait, en matière de droits des femmes, quand on arrête d’avancer, on recule. On ne fait jamais de surplace.

Madame la Présidente,

La France a fait de la mise en œuvre des résolutions « Femmes, paix, sécurité » un axe fort de son action. Nous avons appuyé les initiatives visant à apporter un soutien médical, psychologique et social aux survivantes de violences sexuelles, comme par exemple les initiatives de Nadia Murad et du Dr. Mukwege visant à mettre en place un fonds de soutien aux survivantes de violences sexuelles. Nous continuerons par ailleurs à soutenir l’hôpital de Panzi et la fourniture d’une gamme complète de soins de santé, notamment soins de santé sexuelle et reproductive, pour les victimes.

Je rappelle enfin que la France accueillera en juillet 2020 à Paris, en partenariat avec le Mexique et ONU Femmes, le Forum Génération Egalité, destiné à donner un nouvel élan aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes. L’autonomie politique et économique des femmes, qui passe notamment par le droit des femmes à disposer librement de leur corps sera au cœur de ce Forum.

Je vous remercie.

Dernière modification : 29/10/2019

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