Débat ouvert sur les violences sexuelles [en]

DEBAT OUVERT SUR LES VIOLENCES SEXUELLES LIEES AUX CONFLITS

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 17 juillet 2020

Monsieur le Ministre, excellences,

Je souhaite remercier nos intervenantes du jour et rendre hommage à tous les acteurs, en particulier de la société civile, pour leur travail sur le terrain. Je salue également l’action de l’Allemagne et de la République dominicaine à la tête du groupe de travail informel sur l’agenda « Femmes, paix et sécurité ».

Nous partageons les préoccupations exprimées dans le rapport du Secrétaire général. L’accès des victimes à la justice et aux soins de base, notamment aux services de santé sexuelle et reproductive sont des défis majeurs, en particulier dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Nous regrettons la politisation de ces questions au détriment de l’intérêt des femmes et des filles.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté le recours aux violences sexuelles comme tactiques de guerre et de terreur, avec pour objectif de traumatiser durablement les populations et miner ainsi tous les efforts pour trouver une issue aux crises.

La lutte contre l’impunité est la meilleure des dissuasions. Les responsables de violences sexuelles doivent être poursuivis et condamnés de manière systématique. Cela doit être une priorité au niveau national. La justice internationale a également un rôle à jouer en cas de crimes de masse. Nous soutenons à ce titre l’action de la Cour pénale internationale.

La prévention des violences sexuelles implique de s’attaquer aux inégalités de genre. Les violences sexuelles restent exacerbées par les discriminations, préjugés et stéréotypes. La montée de discours politiques ouvertement sexistes, misogynes ou homophobes renforce les violences sexistes et sexuelles. Ce Conseil a bien identifié les solutions pour combattre ce fléau : lorsque la participation des femmes à tous les niveaux des processus de décision est assurée et qu’une véritable attention est accordée à leur émancipation économique et sociale, les sociétés sortent des crises renforcées, plus justes et égalitaires.

La prise en charge des survivantes de violences sexuelles, y compris lorsque les procédures judiciaires sont inaccessibles ou bloquées, est essentielle. C’est pourquoi la France a décidé d’accorder 6,2 millions d’euros au Fonds mondial Mukwege/Murad. La prise en charge doit être globale. A cette fin, la France a financé en 2019 à hauteur de 5 millions d’euros un projet d’autonomisation des femmes par un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive et la prise en compte des violences sexuelles dans la région du Wadi Fira au Tchad.

Madame la Représentante spéciale, votre rôle d’alerte et de documentation est central. Nous continuerons de soutenir la prise en compte des violences sexuelles liées aux conflits dans les résolutions pays et de plaider pour des ressources adéquates pour les équipes sur le terrain.

L’urgence est à l’action. La France s’y emploiera, et notamment dans la perspective du Forum Génération égalité, que nous organiserons en lien avec le Mexique, ONU Femmes et la société civile.

Je vous remercie Monsieur le Président.

Dernière modification : 17/07/2020

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