Du sarin, du chlore et d’autres armes chimiques ont été utilisés et continuent de l’être, en Syrie et ailleurs [en]

SYRIE / ARMES CHIMIQUES

DÉCLARATION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE,
REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SÉCURITÉ EN FORMAT ARRIA

New York, 28 septembre 2020

Tout d’abord, je voudrais remercier la Fédération de Russie et la Chine. Il est très rare qu’elles proposent de tenir une réunion en format « Arria », je remarque que cela devient une habitude sur le dossier chimique syrien. Je regrette seulement que la réunion d’aujourd’hui se réduise à un exercice de désinformation.

Permettez-moi tout d’abord de rappeler une évidence : à la base de la discussion d’aujourd’hui se trouve le fait très simple et évident que le régime syrien, en août 2013, a gazé 1 300 hommes, femmes et enfants pour renforcer sa mainmise militaire. Et cela n’est contesté par personne.

Depuis lors, du sarin, du chlore et d’autres armes chimiques ont été utilisés et continuent de l’être, en Syrie et ailleurs. La réémergence des armes chimiques dans le monde, et pas seulement en Syrie, est l’une des menaces les plus graves auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui.

C’est pourquoi je regrette que chaque fois que le régime Assad est incriminé, des efforts systématiques soient entrepris pour le protéger, pour semer la confusion et paralyser l’action internationale. En 2017, le renouvellement du mécanisme conjoint d’enquête, le JIM, a été bloqué à trois reprises par un veto. Aujourd’hui, l’équipe d’enquête et d’identification de l’OIAC est discréditée sous le couvert d’une soi-disant expertise scientifique parce qu’elle fait précisément ce que la communauté internationale attend d’elle : elle enquête sur les incidents et identifie les responsables de manière tout à fait professionnelle, impartiale et indépendante. Son rapport publié le 8 avril sur les attaques à l’arme chimique à Latamneh est particulièrement accablant pour les unités des forces aériennes du régime.

En 2013, le régime syrien s’est engagé à coopérer en toute transparence et en toute bonne foi avec l’OIAC. Et il faut le dire : le régime n’a pas tenu sa parole. Il est grand temps qu’il fasse la lumière sur l’état de ses stocks. A l’initiative de la France, le Conseil exécutif de l’OIAC a décidé en juillet dernier de donner 90 jours à la Syrie pour redresser la situation. Il est encore temps. Nous appelons la Syrie à coopérer sans délai avec le secrétariat de l’OIAC et à révéler son programme chimique militaire.

Il y a vingt-trois ans, l’OIAC a été créée pour être un pilier de notre sécurité collective mondiale. Elle a prouvé sa valeur. Il est honteux de chercher à la discréditer sous prétexte que ses conclusions ne sont pas conformes à la version des faits que la Syrie et certains membres permanents du Conseil de sécurité veulent donner.

Monsieur le président,

L’utilisation d’armes chimiques est un crime qui menace l’humanité entière. Comme vous le savez, c’est aussi une menace pour la paix et la sécurité internationales, comme l’a déclaré à l’unanimité ce Conseil dans sa déclaration présidentielle de novembre 2019. Il ne peut y avoir d’impunité. C’est pourquoi nous soutenons le mécanisme international indépendant et impartial et c’est pourquoi la France est à la tête du partenariat international contre l’impunité pour l’utilisation des armes chimiques. Tous les pays qui le souhaitent peuvent rejoindre ce partenariat, qui n’est ni un instrument anti-syrien ni un club de pays. Par cet engagement, ils démontreront leur attachement au droit, à la stabilité internationale et à la justice.

Je vous remercie.

Dernière modification : 05/10/2020

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