Durant la crise que nous traversons, la Francophonie a su se mobiliser [en]

COOPERATION ENTRE LES NATIONS UNIES ET LES ORGANISATIONS REGIONALES ET SOUS-REGIONALES :
LE ROLE DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE (OIF)

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 8 Septembre 2020

Monsieur le Président,

Je remercie le Niger d’avoir organisé ce débat ainsi que Mme Mushikiwabo, Mme Keïta et M. le ministre Mnatsakanyan pour leurs exposés.

Comme vous l’avez rappelé, c’est à Niamey que 21 Etats ont lancé il y a cinquante ans une coopération devenue l’organisation internationale la plus universelle après l’ONU. Notre rencontre aujourd’hui a une symbolique d’autant plus forte que figurent parmi les fondateurs cinq membres actuels de ce Conseil.

L’attachement à la langue française et au multilinguisme nous unit et c’est pourquoi nous en sommes de si fervents défenseurs. Mais, au-delà, nous partageons entre francophones une identité commune fondée sur un socle de valeurs, au premier rang desquelles la solidarité, la diversité culturelle et les droits de l’Homme. Durant la crise que nous traversons, la Francophonie a su se mobiliser pour soutenir l’innovation, pour assurer la continuité de l’éducation de millions d’enfants, ou encore pour appuyer l’autonomisation des femmes et des filles vulnérables.

J’insisterai sur deux points.

Premièrement, je veux saluer le rôle croissant de la Francophonie en matière de paix et de sécurité, en particulier depuis l’adoption de la déclaration de Bamako sur la démocratie en 2000. Dans ce cadre, les membres renouvellent, à l’occasion des Sommets de la Francophonie, leur engagement en faveur d’un renforcement de leur participation dans les opérations de maintien de la paix.

Cet attachement de la Francophonie à la démocratie guide également son action en matière d’appui à la tenue d’élections libres, fiables et transparentes. On se souvient évidemment des efforts importants déployés dans certains pays par l’ancien Secrétaire Général Abdou Diouf, et de son rôle majeur de bons offices en faveur de la réconciliation. Ces dernières années, la Francophonie s’est impliquée dans un très grand nombre de processus électoraux, par le biais d’actions allant de l’organisation de séminaires de formation au déploiement de missions d’observation électorale.

Très récemment au Mali, l’OIF a réagi à l’unisson des Nations Unies pour condamner le coup de force du 18 août. Il est désormais indispensable que la transition politique civile se mette en place le plus rapidement possible et soit accompagnée par les partenaires internationaux du Mali, notamment par la CEDEAO. L’OIF pourrait opportunément jouer un rôle, en coopération avec les Nations Unies, dans l’accompagnement de long terme du prochain processus électoral, afin de permettre le retour à l’ordre constitutionnel.

En Guinée, l’OIF a plaidé cette année encore pour une reprise du dialogue. A l’approche de l’élection présidentielle du 18 octobre, pour lesquelles nos préoccupations demeurent, nous considérons que les Nations Unies et l’OIF pourraient utilement appeler l’ensemble des acteurs guinéens à la responsabilité, au dialogue et à la plus grande retenue.
Enfin, nous nous réjouissons de l’approfondissement de la relation entre l’OIF et l’Union africaine et de la contribution que ce dialogue peut apporter à la diplomatie multilatérale préventive.

Deuxièmement, je souhaite souligner que les Nations Unies pourraient tirer davantage profit de l’expertise de l’OIF, notamment sur le terrain.

Alors que de nombreuses opérations de maintien de la paix ont lieu dans des pays francophones, la maîtrise du français est un gage d’efficacité, et devrait donc plus systématiquement constituer une condition préalable au déploiement. L’OIF développe, aux côtés de la France et des Nations Unies, des formations conjointes pour les personnels, en particulier les femmes, déployés dans les opérations.

De même, l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix favorise la discussion entre les Etats francophones contributeurs, le Conseil de sécurité et le Secrétariat des Nations Unies. Ses publications sont précieuses, et nous gagnerions à les diffuser et à nous y référer dans nos travaux au Conseil.

Pour sa part, la France continuera de travailler étroitement avec ses partenaires pour développer la coopération entre pays francophones aux Nations Unies et entre l’ONU et l’OIF. Cela s’est récemment traduit par l’établissement d’une plateforme francophone du Conseil de sécurité, qui rend notre travail plus inclusif, et je remercie la présidente nigérienne pour l’avoir activée ce jour.

J’en appelle donc à la poursuite de cette fructueuse coopération francophone, et au renforcement des liens entre la Francophonie et les Nations Unies.

Je vous remercie.

Dernière modification : 08/09/2020

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