Bosnie-Herzégovine : des progrès ont été effectués mais de nombreux défis subsistent [en]

BOSNIE-HERZEGOVINE

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST, REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 5 novembre 2020

Madame la Présidente,

Je tiens à remercier le Haut Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, M. Valentin Inzko, pour sa présentation et le remercier pour tout le travail accompli sur le terrain. Je salue également la présence à cette réunion des représentants de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de la Serbie et de l’Union européenne.

Madame la Présidente,

Vingt-cinq ans après la conclusion des accords de Dayton/Paris, la Bosnie-Herzégovine vit en paix, après avoir traversé un conflit qui a constitué l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente de l’Europe. En vingt-cinq ans, des progrès indéniables ont été effectués mais de nombreux défis demeurent, de nombreux défis d’ampleur comme l’a souligné le Haut-Représentant. Ils sont souvent rendus aujourd’hui plus difficiles par le contexte lié à la pandémie de COVID-19.

Je souhaiterais tout d’abord saluer l’accord qui va permettre, pour la première fois depuis 2008, l’organisation d’élections locales à Mostar le 20 décembre. Il s’agit d’un symbole important que ce Conseil avait à plusieurs reprises appelé de ses vœux. Nous espérons que les élections locales du 15 novembre dans tout le pays et du 20 décembre à Mostar se dérouleront dans un climat apaisé et dans le plein respect des normes démocratiques. Les efforts doivent se poursuivre pour permettre un fonctionnement institutionnel normal en Bosnie-Herzégovine, et ce, à tous les échelons. Nous appelons en particulier à la formation des gouvernements de la Fédération de Bosnie-Herzégovine ainsi que des cantons qui n’en disposent toujours pas, deux ans après les élections générales de 2018.

S’agissant des questions du legs du conflit des années 1990, nous saluons l’adoption récente de la stratégie nationale révisée sur les crimes de guerre. Alors que nous venons de commémorer le vingt-cinquième anniversaire du génocide de Srebrenica, il est plus que jamais nécessaire de condamner fermement la glorification des criminels de guerre, condamnés par la justice, et de rendre hommage à toutes les victimes. La justice nationale et internationale a effectué un travail absolument remarquable pour poursuivre et pour condamner les responsables des atrocités commises pendant le conflit et ses décisions doivent être respectées. Ce travail doit se poursuivre. Les processus de justice transitionnelle et de réconciliation restent la seule base solide pour l’avenir du pays.

Enfin et c’est mon troisième point, je souhaite réaffirmer le soutien de la France à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine et des Balkans occidentaux plus largement. L’Union européenne reste pleinement engagée sur cette question. Nous appelons les autorités de Bosnie-Herzégovine à finaliser rapidement le plan d’action visant à mettre en œuvre les 14 priorités-clés de l’avis de la Commission européenne, et ce, conformément à l’accord qui avait été trouvé entre les trois membres de la présidence collégiale en avril dernier. Les réformes dans trois domaines clefs que sont l’État de droit, la fonctionnalité de l’État central, ainsi que le développement économique et social sont absolument nécessaires au développement de la Bosnie-Herzégovine et à son rapprochement européen. Nous appelons également la Bosnie-Herzégovine à assumer ses responsabilités en matière d’accueil de migrants et de réfugiés, aux différents échelons du pays.

Enfin et pour finir, nous saluons le rôle de l’opération militaire de l’Union européenne EUFOR Althea qui apporte une contribution nécessaire, importante à la stabilité en Bosnie-Herzégovine. Nous appelons de nos vœux le renouvèlement de son autorisation par ce Conseil.

Je vous remercie.

Dernière modification : 05/11/2020

Haut de page