En Somalie, il est urgent que le dialogue politique reprenne [en]

Somalie
Intervention de Mr. Antoine Michon, coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 21 novembre 2019

Madame la Présidente,

Je tiens à remercier nos intervenants pour leurs présentations et je souhaiterais tout d’abord exprimer notre tristesse à l’annonce du décès hier, à Mogadiscio, de la défenseure des droits de l’Homme, Mme Almaas Elman. Nous présentons nos condoléances à sa famille, et en particulier à Mme Ilwad Elman, qui était parmi nous avant-hier, ainsi qu’aux gouvernements et aux peuples canadien et somalien, et nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son décès.

Madame la Présidente,

Je souhaiterais souligner quatre points aujourd’hui :

D’abord, concernant la situation politique en Somalie, la France demeure très préoccupée par le blocage des relations entre le Gouvernement fédéral somalien et certains Etats membres fédérés. C’est un blocage qui constitue un obstacle majeur à l’aboutissement des chantiers cruciaux pour la Somalie.

Il est donc urgent, et je crois que le représentant spécial l’a bien dit, que ce dialogue reprenne, notamment entre les autorités fédérales et les autorités du Jubbaland, du Puntland ou encore du Galmudug. Ce dialogue ne peut pas être conditionné à des échéances électorales locales au détriment de l’intérêt national.

Concernant les élections de 2020/2021, la France salue l’engagement pris par le Gouvernement fédéral somalien lors du Forum de partenariat pour la Somalie d’adopter le nouveau code électoral d’ici la fin de l’année 2019. Ce code électoral est en effet une étape fondamentale pour que les élections se tiennent à la fin de l’année 2020 ou au début de l’année 2021, selon le principe « une personne, un vote », comme l’a rappelé Mme Ibrahim, et avec la participation pleine et effective des femmes somaliennes.

Concernant la situation sécuritaire, la France demeure préoccupée par la fréquence des attaques d’Al-Shabaab, notamment à Mogadiscio. Et dans ce contexte, nous rappelons toute l’importance de poursuivre la mise en œuvre du plan de transition sécuritaire de l’AMISOM vers les forces de sécurité somaliennes. Les opérations qui ont été menées dans le Bas-Shabelle ont constitué une avancée positive. Mais elles doivent désormais se poursuivre en coordination avec les forces régionales, l’AMISOM et les partenaires internationaux. Et il est bien sûr très important que les autorités fédérales somaliennes poursuivent leurs efforts en matière de génération de forces.

Concernant l’AMISOM, la France demeure très attentive au respect des échéances qui ont été fixées par ce Conseil et notamment la baisse du plafond de troupes de 1000 personnels militaires d’ici au 28 février 2020. Si nous considérons que la reconfiguration de l’AMISOM doit se faire de manière progressive et dans les zones les plus stables du pays, nous estimons essentiel que les décisions du Conseil soient pleinement respectées.

Par ailleurs, je voudrais redire que le soutien de l’Union européenne à l’AMISOM s’inscrit dans le cadre d’une coopération basée sur des engagements mutuels. Nos efforts, qui sont importants, impliquent des résultats concrets de la part des autorités fédérales somaliennes, tant sur la transition sécuritaire, que j’ai déjà mentionné, que sur la reprise du dialogue avec les Etats membres fédérés. C’est la logique qui a sous-tendu la signature du cadre de redevabilité mutuelle lors du Forum de partenariat pour la Somalie et nous nous en félicitons.

Enfin, ce sera mon dernier point, la France demeure très préoccupée par la gravité de la situation humanitaire et par la persistance des violations du droit international humanitaire et des droits de l’Homme. Et je pense en particulier aux violences à l’encontre des populations civiles, notamment des violences sexuelles et fondées sur le genre et les violations commises contre les enfants, qui sont le fait bien entendu des groupes terroristes mais aussi, de façon regrettable, parfois, des forces de sécurité somaliennes. Il est donc indispensable que ces violations cessent, et que ces crimes soient poursuivis. Et la réinsertion des rescapées de ces violences est également essentielle pour assurer le retour à une paix durable.

Enfin Madame la Présidente,

Avant de conclure, je voudrais rappeler toute l’importance que la France attache à la bonne coopération des autorités fédérales somaliennes avec l’ensemble des entités onusiennes, et notamment avec le panel d’experts du Comité de sanctions qui devra pouvoir effectuer une visite en Somalie dans les meilleurs délais.

Je vous remercie.

Dernière modification : 03/12/2019

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