Enfants dans les conflits armés : depuis 2005, 150 000 enfants ont été libérés [en]

ENFANTS ET CONFLITS ARMES

INTERVENTION A TITRE NATIONAL
DE NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 23 juin 2020

Excellences,

Je remercie Mmes Gamba et Fore pour leurs interventions. Je salue aussi Mariam et, à travers elle, la jeunesse malienne, et tous ceux qui sont engagés pour contribuer à l’amélioration du sort des enfants.

Il y a quinze ans, l’âge de Mariam, mon prédécesseur Jean-Marc de la Sablière et son homologue béninois soumettaient au Conseil une résolution ambitieuse et novatrice. Cette résolution 1612 a structuré notre action collective pour éradiquer un mal qui reste malheureusement encore très répandu. Depuis 2005, nos efforts ont permis la libération de plus de 150 000 enfants, grâce à l’engagement de ce Conseil, des Représentantes spéciales successives, de l’UNICEF et de la société civile.

Nos échanges ont mis en exergue cette réussite collective, qui illustre ce que le système multilatéral peut faire de mieux quand le Conseil de sécurité est vigilant, uni et doté d’outils efficaces.

Bien sûr, les violations contre les enfants se poursuivent à des niveaux alarmants, alimentées par l’intensification et la complexification des conflits.

C’est pourquoi nous devons faire le meilleur usage des outils que ce Conseil a mis en place. Son Groupe de Travail doit continuer à se réunir régulièrement, développer les contacts avec les acteurs de la protection de l’enfance et effectuer des visites de terrain. Je rends hommage à cet égard à la Belgique pour sa présidence dynamique du Groupe de Travail. Ce Conseil a par ailleurs demandé dès 2001 au Secrétaire général d’établir chaque année une « liste d’infamie ». C’est une lourde responsabilité qu’il convient d’exercer à partir de critères rigoureux et objectifs.

La France continuera à jouer un rôle actif et à promouvoir l’endossement universel des Principes et engagements de Paris.

Sur le terrain, elle soutient des projets en faveur des enfants dans les situations d’urgence. Via notamment l’UNICEF et le fonds Education Cannot Wait, nous soutenons des projets au Liban et au Sahel.

Il est impératif de protéger les enfants contre le recrutement et contre l’endoctrinement par des groupes terroristes. L’émancipation, par l’éducation et la formation, constitue l’un des meilleurs remparts contre ces formes d’exploitation. C’est pourquoi la France a fait de l’éducation une priorité de son action extérieure. Elle a sensiblement augmenté son aide bilatérale dans ce domaine et soutient activement l’UNESCO, notamment pour renforcer la résilience des jeunes face à l’extrémisme violent au Sahel. La France s’est, par ailleurs, réengagée au sein du Partenariat Mondial pour l’Education avec une contribution historique de 200 millions d’euros.

Parce que les filles sont particulièrement vulnérables, la France soutient la mise en place d’environnements protecteurs pour celles-ci au sein des écoles. C’est l’un des objectifs de l’Initiative « Priorité à l’Egalité », qui intervient dans les pays du Sahel.

Notre action comprend également un volet consacré aux soins, face à la croissance inacceptable des mutilations et violences sexuelles. C’est le sens de plusieurs projets que nous soutenons en Irak et de notre contribution au Fonds Mukwege/Murad pour les survivantes de violences sexuelles.

Dernière modification : 23/06/2020

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