« Enfants et conflits armés » : un combat commun

Enfants dans les conflits armés / Événement sur les principes et engagements de Paris
Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Nations Unies – 12 février 2019

Mes chers amis, je tiens à remercier chaleureusement chacune et chacun d’entre vous de participer à cet évènement auquel nous attachons une importance toute particulière, à l’occasion de la journée internationale des enfants soldats (...).

Nous le savons tous, les enfants demeurent les premières victimes des conflits armés. 230 millions d’enfants vivent dans des zones de conflits armés, soit près d’un enfant sur dix dans le monde. 15 millions d’entre eux sont directement affectés par les combats. Ils sont malheureusement encore trop souvent victimes des six violations graves inscrites dans nos résolutions du Conseil de sécurité : recrutement et utilisation, meurtres et mutilations, violences sexuelles, enlèvements, attaques contre des écoles, déni d’accès humanitaire. Ce phénomène est encore lourdement aggravé par les violations commises à grande échelle par les groupes terroristes, qui comme nous le savons bien n’ont aucune considération pour les droits des enfants.

En 2017 - et il ne s’agit que des violations vérifiées par l’ONU - plus de 20 000 enfants ont été victimes de ces violations. En réalité, nous le savons tous, le chiffre est encore bien plus élevé. Comme nous savons que les petites filles sont particulièrement exposées face à ces violences.

Depuis plus de vingt ans, mon pays est engagé pour mettre fin à ce cycle infernal qui ruine la vie des enfants, les éloigne des écoles, leur place légitime, compromet les espoirs des générations futures et déstabilise durablement les pays.

En 2007, un consensus fort a émergé avec l’adoption historique des principes et engagements de Paris. Ils constituent, comme les intervenants auront sans doute l’occasion de l’exprimer aujourd’hui, un cadre de référence pour l’action quotidienne sur le terrain en faveur des enfants, qui est plus que jamais d’actualité. La libération des enfants, la lutte contre l’impunité, la réintégration ou encore la prévention : autant de sujets dont nous débattons quotidiennement et pour lesquels les principes et engagements de Paris, très complets, offrent des solutions concrètes.

Cette année n’est pas une année comme les autres puisqu’elle marque à la fois le trentième anniversaire de la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui a eu lieu à New York en 1989, et le soixantième anniversaire de la Déclaration des droits de l’enfant - premier grand consensus international, adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1959. Cette année constitue donc à la fois une opportunité pour nous tous et une date qui nous oblige dans notre combat commun. 2019 doit être l’année de l’universalisation des principes et engagements de Paris.

Aujourd’hui, 110 Etats ont endossé ces principes. Et je voudrais remercier tout particulièrement la République Dominicaine et la République de Djibouti pour leurs nouvelles annonces puisqu’ils ont endossé aujourd’hui même ce texte - et je leurs donnerai plus tard la parole. Et je voudrais aussi appeler solennellement tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à les rejoindre et à suivre cet exemple que nous donnent aujourd’hui la République dominicaine et la République de Djibouti.

Alors mes chers amis engageons-nous, c’est tout l’objet de cette réunion, engageons-nous corps et âme pour libérer les enfants de la guerre. C’est la vocation des Nations Unies, c’est certainement le combat de la France mais surtout cela doit être et c’est notre combat commun.

Je vais maintenant donner la parole à Madame Christine McCormick, qui représente Save the Children, que je tiens à remercier chaleureusement pour son engagement exemplaire (...).

Dernière modification : 13/02/2019

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