Performance du maintien de la paix

Événement de haut niveau sur la performance du maintien de la paix
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Nations unies – 6 décembre 2019

La France se félicite que le Secrétariat ait pris à bras le corps le traitement de cette question à la suite du rapport Santos Cruz et de l’adoption de la résolution 2436. Les dispositifs de mesure de la performance des contingents ont été mis en place pour évaluer objectivement et précisément la performance de tous. Des progrès importants ont déjà été constatés dans la performance de certaines opérations. Maintenant que les outils sont en place, il faut passer à la phase de mise en œuvre. C’est dans cet esprit que la France a soutenu le renforcement des mécanismes d’évaluation et de soutien à la performance lors du renouvellement du mandat de la MINUSCA en novembre 2019. Le déploiement du système intégré d’évaluation de la performance dans plusieurs opérations est par ailleurs une première étape bienvenue.

Je souhaiterais faire trois propositions dans la perspective d’une poursuite de l’amélioration de l’évaluation :

- tout d’abord, que dans l’ensemble des dispositifs de mesure de performance des contingents, une priorité soit donnée à l’évaluation par les Force Commander et, que sans citer les contingents qui accusent des lacunes, des informations précises soient données régulièrement au Conseil de sécurité. La réunion informelle du 18 novembre a été une séance très utile qu’il conviendrait de pérenniser.

- ensuite, que le Secrétariat précise les mesures qui ont été prises en termes d’injonction données aux pays contributeurs concernés et selon quel calendrier pour corriger le tir. Cela nous donnera une meilleure idée des blocages éventuels et de la façon d’y remédier. La mesure de la performance n’a de sens que si elle s’accompagne de dispositifs de formation adaptés. Nous rappelons également l’importance de l’évaluation en amont et tout au long du déploiement. C’est grâce à des dispositifs solides d’évaluation à ces différents stades, que nous pourrons avoir des résultats satisfaisants et éviter des angles morts.

- enfin, il faut poser sérieusement la question de l’évaluation des personnels civils et la réalité de l’application d’éventuelles mesures disciplinaires. Cela reste aujourd’hui l’angle mort de la performance, alors même qu’une amélioration de l’efficacité des opérations ne peut passer que par une meilleure intégration des volets civils et militaires des missions et que, par conséquent, la qualité des personnels civils est toute aussi importante que celle des contingents.

Il faut maintenant dépasser la mise en place de dispositifs et insister concrètement sur les mesures correctrices décidées par le Secrétariat.

Je vous remercie.

Dernière modification : 09/12/2019

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