Faire face à la menace des engins explosifs improvisés

Faire face à la menace des engins explosifs improvisés au Mali - Conférence organisée par la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies - Discours d’introduction de Mme Anne Gueguen, Représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies - 9 mai 2017

Monsieur l’Ambassadeur, Excellence,

Mesdames, Messieurs,

Chers collègues,

Permettez-moi en premier lieu de vous confier toute ma satisfaction de voir autant de pays contributeurs de troupes impliqués à nos côtés, maliens, onusiens et français, pour lutter contre ce fléau des guerres modernes que sont les engins explosifs, qu’ils soient improvisés ou pas d’ailleurs. Nous vous remercions, Monsieur l’Ambassadeur, mon Général, chers collègues, de votre présence aujourd’hui pour souligner toute l’importance que revêt la nécessité d’une prise de conscience – que nous voulons la plus large possible – de la nécessité d’une lutte sans condition contre les engins explosifs improvisés, les EEI - IED en anglais- mais aussi les restes explosifs de guerre ou de mines. Je souhaite également remercier l’UNMAS qui fête d’ailleurs ses vingt ans cette année, de sa participation aujourd’hui et saluer surtout son action essentielle dans le domaine de la lutte contre les engins explosifs.

En 2016, il y a eu plus de 130 incidents causés par les EEI au Mali qui ont tué ou blessé plus de 250 personnes. Nous nous rappelons aussi tous l’explosion d’un véhicule piégé le matin du 18 janvier dernier qui à Gao a fait plus de 70 morts et 120 blessés. Plus récemment, le 18 avril, deux casques bleus et un civil ont été grièvement blessés à Kidal après que leur véhicule a heurté un engin explosif, et enfin, il y a tout juste deux jours, une attaque terroriste contre les forces armées maliennes a fait également trois morts et ceci au nord de Gao à Almoustarat. Je voudrais donc commencer cette réunion par vous inviter très respectueusement à nous recueillir ensemble et à observer en silence un moment en mémoire de tous ceux qui, Maliens, onusiens, membres des contributeurs, ont perdu la vie au Mali du fait de cette menace des engins explosifs et sous les coups des terroristes. Je vous demande de nous lever pour observer une minute de silence en leur honneur.

Merci à vous.

Les contributeurs de troupes déployés au Mali, à la MINUSMA, dans l’Opération française Barkhane, dans l’opération européenne EUTM Mali, ainsi que les forces de défense et de sécurité maliennes, et bientôt au sein de la Force du G5 Sahel, font face quotidiennement comme vous le savez aux menaces des explosifs en général et des EEI en particulier. Ce sont ces derniers qui présentent le plus de défis car ils sont particulièrement meurtriers et très difficiles à détecter, à identifier et enfin à neutraliser. Ils exigent donc de notre part de disposer de toute une panoplie d’expertise et de savoir-faire particuliers.

Bien que n’étant pas nouveau en soi, les EEI sont pour autant de plus en plus sophistiqués et davantage utilisés au point où ils ont désormais un impact humain, opérationnel, politique, financier et psychologique sans précédent sur les Nations Unies.

Alors que faire ?

Afin d’anticiper et de réduire cette menace, nous devons collectivement disposer d’un maximum de renseignement d’ordre technique et tactique sur les procédures utilisées par les groupes terroristes. De même, la planification de nos opérations conjointes ou coordonnées exigent que nous disposions de ces renseignements et que nous équipions nos unités déployées des capacités adéquates contre les EEI. Le rôle des nouvelles technologies, brouilleurs électroniques et drones notamment, est en effet incontournable et je tiens à saluer toutes les initiatives innovantes du Secrétariat des Nations unies en ce domaine. Nous devons conserver cet élan et l’exploiter davantage encore.

Comme vous le savez tous la France est fortement impliquée dans la lutte contre les EEI, pas seulement par l’action quotidienne et décisive des femmes et des hommes de l’Opération Barkhane dans la bande sahélo-saharienne mais aussi par de nombreuses autres actions bilatérales au profit des Etats de la région, le G5 Sahel au premier chef. Nous connaissons et saluons tous les efforts consentis dans ce domaine, à la fois humainement, militairement et financièrement, par les pays de la région engagés dans ce combat.

Et plus largement, l’action des armées françaises se mesure également dans le soutien à la conduite de la réforme de la sécurité de nombreux Etats partenaires comme en Côte d’Ivoire, en parfaite conformité avec les conventions d’Oslo et d’Ottawa ; ou encore en République Centrafricaine, où par exemple les différentes résolutions du Conseil de sécurité assignent dans ce domaine une tâche très claire au service d’action contre les mines.

Donc encore une fois merci de votre présence à tous. Nous avons cette obligation morale – et pas seulement sécuritaire - vis-à-vis des personnes que nous déployons tous, une responsabilité aussi vis-à-vis des populations civiles que nous devons protéger et vis-à-vis aussi de l’Etat-hôte avec qui nous collaborons étroitement. De nombreuses populations civiles maliennes et de nombreux membres maliens des forces de défense et de sécurité ont en effet déjà payé le prix du sang – ce sont eux d’ailleurs qui paient le plus lourd tribut face aux EEI et aux attaques des terroristes. Il faut que cela cesse et nous devons nous mobiliser ensemble pour réduire au maximum cette hémorragie.

Je vous remercie.

Dernière modification : 09/05/2017

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