Il faut mettre un terme à la guerre au Yémen. La seule solution est politique. [en]

YEMEN

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE, REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

New York, 15 octobre 2020

Monsieur le Président,

Je remercie l’Envoyé spécial, Martin Griffiths, et le Secrétaire général adjoint Mark Lowcock, pour leurs présentations.

Il faut mettre un terme à la guerre au Yémen. Nous le répétons : la seule solution est politique.

Nous appelons donc les parties au conflit à reprendre les discussions en coordination avec l’Envoyé spécial, auquel la France réitère son plein soutien. Les parties doivent se mettre d’accord sur le projet de déclaration proposé par l’Envoyé spécial. Elles doivent aussi rechercher sans délais une solution politique globale, en permettant la participation effective des femmes à ce processus.

L’accord sur l’échange de prisonniers conclu à Montreux fin septembre est une étape positive, il doit à présent être pleinement mis en œuvre et nous nous félicitons des premiers vols, observés aujourd’hui. D’autres mesures de confiance doivent suivre rapidement.

Au Nord, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’offensive houthie contre Marib et les attaques houthies contre le territoire saoudien.

Nous sommes également très préoccupés par la reprise des affrontements dans le gouvernorat d’Hodeïda, au mépris des accords de Stockholm. La poursuite de la solution militaire ne mènera nulle part. Elle ne fera qu’ajouter aux souffrances du peuple yéménite. Ce Conseil réitère donc son appel clair à un cessez-le-feu, conformément à la résolution 2532.

Au Sud, l’accord de Riyad doit être pleinement et effectivement mis en œuvre. Il doit notamment aboutir à la formation rapide d’un nouveau gouvernement incluant des représentants du Sud du Yémen. Les parties yéménites doivent faire preuve d’esprit de compromis au cours de cette phase essentielle.

La situation humanitaire continue de se détériorer : aggravation de l’insécurité alimentaire, pandémie de COVID-19 mais aussi épidémies de rougeole et de polio.

Nous devons donc collectivement tout faire pour répondre à ces besoins humanitaires croissants.

Pour cela, il est essentiel que toutes les parties garantissent un accès humanitaire à l’ensemble des personnes dans le besoin.

La protection des civils, y compris des personnels humanitaires et médicaux, ainsi que des infrastructures civiles, doit également rester une priorité absolue. Le respect du droit international humanitaire est une obligation qui s’impose à tous.

S’agissant enfin du pétrolier Safer, il est urgent d’agir. Nous appelons de nouveau les Houthis à autoriser sans délai ni précondition l’accès de la mission d’inspection mandatée par les Nations Unies au pétrolier à laquelle la France contribue financièrement.

La France restera pleinement mobilisée et engagée pour obtenir la paix au Yémen et permettre une désescalade à l’échelle régionale.

Je vous remercie Monsieur le Président./.

Dernière modification : 15/10/2020

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