Israel/Palestine : la France appelle les deux parties à la table des négociations [en]

Israël/Palestine
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 11 février 2020

Monsieur le Président,

Je remercie le Secrétaire général, ainsi que son Coordinateur spécial pour leurs interventions. Je salue également la présence parmi nous du Président Abbas aujourd’hui.

Si nous sommes tous réunis ce jour en présence du Secrétaire général, c’est que nous partageons la conviction qu’il est nécessaire de relancer le processus de négociation entre les parties afin d’aboutir à une paix qui soit juste et durable et qui réponde aux aspirations légitimes des Palestiniens et des Israéliens.

Pour la France, une paix juste et durable passe par le respect du droit international et de toutes les résolutions de ce Conseil. Elle doit viser à l’établissement, aux côtés d’Israël, d’un Etat palestinien indépendant, viable, et souverain dans le cadre des paramètre internationalement agréés.

Ces paramètres sont connus. Ils ont été endossés à plusieurs reprises par ce Conseil, dernièrement avec la résolution 2334. Ils fixent comme objectif l’existence de deux Etats dans des frontières sûres et internationalement reconnues, sur la base des lignes du 4 juin 1967, avec des échanges agréés de territoires comparables, et avec Jérusalem pour capitale de ces deux Etats.

Il n’y a pas d’ambiguïté sur ce que recouvre la solution des deux Etats. Il s’agit de créer un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, jouissant d’une continuité territoriale, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël. Cela implique des arrangements garantissent la sécurité d’Israël et préservant la souveraineté de l’État palestinien. Cela nécessite une solution juste, équitable et agréée au problème des réfugiés palestiniens.

Nous continuerons enfin de défendre une solution négociée au conflit israélo-palestinien conforme au droit international et inscrite dans le cadre des résolutions de ce Conseil. Le droit international et les décisions de ce Conseil ne sont pas des options que ses Etats membres pourraient choisir de respecter ou non. Ils s’imposent à tous, dans leur totalité, comme la Charte l’exige. Le respect de la légalité internationale conditionne la paix et la sécurité internationale et elle est le gage de l’efficacité de notre action collective.

Ce n’est pas seulement une position de principe. Cette position répond au contraire à la conviction profonde de la France, comme de ses partenaires européens, que seule cette solution est réaliste pour mettre fin à l’occupation et apporter une paix juste et donc durable.

En l’absence d’une telle solution, le vide politique et la dégradation de la situation sur le terrain alimentent le désespoir des nouvelles générations et le risque de radicalisation de la jeunesse.

La France, enfin, ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël. Nous condamnons fermement tous ceux qui la menacent. Le Président Macron l’a réaffirmé une fois de plus à l’occasion de son déplacement en Israël et dans les territoires palestiniens le mois dernier.

Dans ce contexte, il y a urgence à relancer les négociations sur la base des paramètres agréés en vue de recréer un horizon politique.

Le plan annoncé par les Etats-Unis est le fruit d’efforts engagés depuis plusieurs mois, que nous avons reconnus comme tels.

Je viens de rappeler le cadre dans lequel une relance du processus de paix doit s’inscrire pour la France, pour l’Union Européenne et pour nos partenaires arabes. Une implication active des principaux pays de la région, ainsi que des Européens, est nécessaire pour contribuer à la reprise du processus politique. L’initiative de paix arabe a été une étape fondamentale du processus et reste pleinement d’actualité, comme l’ont rappelé le Conseil des Ministres de la Ligue arabe au Caire le 1er février et, à l’instant, le représentant de la Tunisie. L’Union européenne, qui est membre du Quartet, et engagée depuis ses origines en faveur de la résolution du conflit, se tient prête à appuyer la reprise des négociations, comme l’a rappelé son Haut représentant Josep Borrell.

Il est enfin indispensable que les deux parties retournent à la table des négociations de bonne foi. Aucune des deux parties ne saurait être marginalisée. Une solution au conflit israélo-palestinien passe par la négociation et non par des décision unilatérales. La proposition du Président Abbas de mettre en place un mécanisme multilatéral pour relancer les négociations de paix sur la base des résolutions antérieures et des paramètres agréés, mérite dans ce cadre d’être examinée avec attention. Nous sommes disposés à engager une discussion sur ses modalités.

La France appelle les parties à mettre en place un environnement propice à la reprise des discussions. Cela exige que tous s’abstiennent d’acte de violence et d’incitation à la violence. Cela passe aussi par l’arrêt de la colonisation et cela implique de s’abstenir de toute mesure unilatérale contraire au droit international, qui ne ferait qu’accroître les tensions ; à cet égard nous mettons en garde contre toute décision d’annexion d’une partie de la Cisjordanie.

Monsieur le Président,

Je souhaite conclure cette intervention en réitérant la disposition de la France à travailler, avec tous ses partenaires et sans plus attendre, à relancer le processus de paix avec pour objectif une paix juste et durable et une stabilisation du Moyen-Orient.

Le rôle de ce Conseil et des Nations unies est d’encourager et d’accompagner la reprise des négociations sur la base du droit international. Le Secrétaire général et son Coordinateur spécial disposent de notre plein appui à cet égard.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/02/2020

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