Kosovo : la piorité est la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade [en]

MINUK
Déclaration de M. Wadid Benaabou, Conseiller politique adjoint à la mission permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 24 avril 2020

Monsieur le Président,

Je tiens à remercier le représentant spécial du Secrétaire général, M. Zahir Tanin, pour son exposé. Je me félicite également de la participation à cette vidéoconférence du premier vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Serbie et du ministre des Affaires étrangères du Kosovo.

En ce qui concerne le Kosovo, l’une des premières priorités de la France est la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade, dans le cadre du dialogue mené sous l’égide de l’Union européenne. Cet objectif est notre boussole et je voudrais faire deux remarques à cet égard.

Tout d’abord, la France se félicite de la nomination, le 3 avril dernier, de Miroslav Lajcak comme représentant spécial de l’Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina. Nous soutenons pleinement la médiation de l’Union européenne, ce différend étant une question de sécurité européenne. Nous appelons les dirigeants du Kosovo et de la Serbie à dialoguer avec M. Lajcak.

Deuxièmement, nous nous félicitons de l’annonce, le 1er avril, par le gouvernement intérimaire du Kosovo de la suspension totale des droits de douane à 100 % sur les marchandises en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine. Il s’agit d’un pas important dans la bonne direction. Le flux de marchandises entre la Serbie et le Kosovo a redémarré, ce qui est un développement important. Nous encourageons les deux parties à prendre de nouvelles mesures pour permettre la reprise du dialogue mené par l’UE.

Nous sommes conscients que la poursuite de cet objectif se déroule dans un contexte difficile, en raison de la mobilisation de toutes les ressources dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. La crise de COVID-19 montre néanmoins que la coopération est le meilleur moyen de lutter contre les défis communs, et je me félicite à cet égard de la coopération entre Belgrade et Pristina sur le terrain pour lutter contre la pandémie, qui, nous l’espérons, contribuera à rétablir la confiance entre les parties. En outre, compte tenu de la situation politique au Kosovo, nous appelons toutes les parties prenantes à laisser de côté leurs divergences politiques et à donner la priorité à la lutte contre COVID-19.

Je réitère également le soutien de la France à l’action de la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK), qui œuvre sans relâche pour promouvoir la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l’Homme au Kosovo et dans la région. Son action en faveur du rapprochement des communautés et de la promotion de l’agenda "femmes, paix et sécurité" est essentielle et doit être saluée. Ces efforts doivent se poursuivre, en conjonction avec les initiatives d’autres acteurs régionaux et internationaux, en particulier la mission "État de droit" de l’Union européenne, EULEX Kosovo.

La France est convaincue que la Serbie et le Kosovo ont un avenir européen commun. Afin de construire cet avenir, nous continuerons à soutenir les réformes nécessaires à la consolidation de l’Etat de droit et au développement socio-économique. En soutien à la médiation menée par l’Union européenne, nous intensifierons nos efforts pour faciliter la conclusion d’un accord global, définitif et juridiquement contraignant entre les deux parties, qui contribuera à la stabilisation durable des Balkans occidentaux. Je vous remercie.

Dernière modification : 29/04/2020

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