L’AMISOM doit poursuivre sa reconfiguration [en]

Somalie
Intervention de M. Samer Melki, coordinateur politique adjoint de la France auprès des Nations Unies
Conseil de sécurité – 22 mai 2019

Monsieur le Président,

Je souhaiterais tout d’abord remercier les intervenants pour leurs interventions très détaillées.
Je m’en tiendrai à trois points principaux.

1/ Premier point, dans un contexte fragile sur les plans sécuritaire et humanitaire, nous sommes préoccupés par les retards dans la mise en œuvre du plan de transition et des engagements pris dans le Pacte de sécurité signé à Londres en mai 2017, ainsi que dans l’intégration des forces régionales dans le cadre de l’architecture nationale de sécurité, comme le souligne le rapport de la revue conjointe Nations Unies - Union africaine de l’AMISOM. 

La reprise d’un dialogue constructif entre le Gouvernement fédéral somalien et les Etats fédérés est également nécessaire afin de faire aboutir au plus vite les chantiers concernant le fédéralisme, la révision constitutionnelle et la préparation des élections prévues en 2020/2021. Les progrès réalisés par les autorités somaliennes sur le plan économique montrent bien que lorsque la volonté politique est là, de véritables progrès sont possibles. Nous aurions souhaité que cette volonté politique se traduise plus clairement lors de la réunion récente de Garowe au Puntland, dont nous espérons toutefois qu’elle ouvre la voie à une reprise effective du dialogue.

2/ Deuxième point, pour que la transition sécuritaire soit un succès, nous considérons qu’il est nécessaire que l’AMISOM poursuive sa reconfiguration en soutien au plan de transition. Je saisis cette occasion pour rendre un hommage appuyé à l’action de l’AMISOM dont les personnels sont déployés dans un environnement particulièrement difficile. L’opération Badbaado en cours, où l’AMISOM soutient l’armée somalienne dans la libération de localités du sud de Mogadiscio, est un exemple de bonne coopération en soutien à la mise en œuvre du plan de transition.

Dans ce contexte, nous considérons qu’il est possible et nécessaire de poursuivre une réduction modérée du plafond de troupes de l’AMISOM afin de continuer à encourager la mise en œuvre de la transition sécuritaire. Il ne s’agit pas de retirer des troupes de zones particulièrement sensibles ou de Mogadiscio, mais de zones plus stables.

Il nous paraît par ailleurs essentiel que de nouveaux partenaires, notamment ceux identifiés dans le rapport des Envoyés spéciaux des Nations Unies et de l’Union africaine sur le financement de l’AMISOM, s’engagent et participent au financement de l’AMISOM. Compte tenu des nombreuses demandes de soutien de l’Union africaine, l’Union européenne ne peut pas en effet continuer à financer seule les primes des militaires de l’AMISOM. 

3/ Enfin – ce sera mon troisième et dernier point – je souhaiterais revenir sur la question de la coopération des autorités somaliennes avec les Nations Unies. En effet, si la communauté internationale doit continuer de soutenir la Somalie, ce soutien doit s’inscrire dans le cadre d’une coopération reposant sur des engagements réciproques et un respect mutuel. C’est bien l’approche retenue par l’Union européenne et ses Etats membres. Nous attendons donc une reprise de la pleine coopération des autorités fédérales somaliennes avec les Nations Unies, comme demandé par ce Conseil dans sa résolution 2461 (2019) sur la MANUSOM, notamment lorsque le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général sera nommé – nomination que nous espérons voir intervenir rapidement.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais conclure en posant une question à nos intervenants : pouvez-vous nous indiquer quelles sont les perspectives d’avenir dans la mise en œuvre du plan de transition et dans l’intégration des forces régionales dans l’architecture nationale de sécurité ?

Je vous remercie.

Dernière modification : 23/05/2019

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