L’ASEAN : un partenaire essentiel des Nations unies [en]

Rôle de l’ASEAN
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, Chargée d’affaires a.i.
Conseil de sécurité - 30 janvier 2020

Merci Monsieur le Président,

J’aimerais à mon tour remercier le Secrétaire général ainsi que le Secrétaire général de l’ASEAN pour leurs exposés qui ont montré que la coopération entre l’ASEAN et l’ONU couvre tous les domaines qui occupent régulièrement ce Conseil et bien au-delà.

Je voudrais tout d’abord souligner l’importance de la coopération entre les Nations unies et l’ASEAN, tout particulièrement dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et régionales. Cette coopération n’a cessé de se renforcer, notamment depuis l’adoption de la Déclaration conjointe sur le partenariat global entre l’ASEAN et l’ONU en 2011 à Bali lors du Sommet ASEAN-ONU. Ce sont aujourd’hui 5 000 personnels des Etats-membres de l’ASEAN qui sont déployés au sein des opérations de paix onusiennes. La France soutient cette mobilisation en contribuant à l’activité de deux écoles de formation des futurs casques bleus, au Cambodge et au Vietnam, en particulier pour la formation au français en vue de déploiements dans des théâtres francophones. La participation des femmes à l’agenda « femmes, paix et sécurité » est essentiel et la France salue à cet égard le lancement il y a déjà plus d’un an du forum des femmes pour la paix par l’ASEAN.

L’ASEAN est aussi devenue un partenaire essentiel des Nations unies dans la lutte contre le terrorisme et contre la criminalité organisée. La participation active de l’ASEAN dans la mise en œuvre de la stratégie mondiale anti-terroriste, que nous allons actualiser cette année, est une des conditions de son succès afin d’accompagner les pays de la région dans l’élaboration de réponses nationales à ces défis et les encourager à renforcer la coopération régionale.

L’ASEAN et l’ONU ont par ailleurs su joindre leurs forces en faveur du développement durable. La coopération étroite de l’ASEAN avec le PNUD, par exemple, a permis des résultats importants en matière de développement économique et social dans toute la région. L’ASEAN et les Nations unies coopèrent également sur la mise en œuvre d’actions prioritaires en s’appuyant sur les complémentarités entre la Vision de la Communauté de l’ASEAN en 2025 et l’Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable. Les liens entre l’ASEAN et l’ONU se sont renforcés à travers un partenariat fondé sur des priorités partagées, au premier rang desquelles figurent la lutte contre les inégalités et également la lutte contre le changement climatique et pour la préservation de l’environnement.

Je souhaite également rappeler que la coordination de l’ONU avec les organisations régionales est un atout primordial dans l’accomplissement de la mission de l’Organisation en faveur de la paix et de la sécurité. C’est un des axes majeurs de la réforme engagée par le Secrétaire général et que la France soutient pleinement. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre prévu par le chapitre VIII de la Charte et sans préjudice de la responsabilité principale en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales qui est appartient au Conseil de sécurité.

L’échelon régional est essentiel pour renforcer et parfois reconstruire les liens de confiance et d’amitié entre les pays d’une même région tissés par la proximité géographique et les liens historiques et culturels. Cette proximité et la connaissance des situations locales donnent toute légitimité aux organisations sous-régionales et régionales pour être parties prenantes dans la résolution des crises qui leur sont proches.

A cet égard, ce Conseil comme l’ASEAN doivent être pleinement mobilisés pour que les crimes commis en Birmanie, notamment dans l’Arakan, ne restent pas impunis. C’est un impératif moral et de justice. La France prend note de l’ordonnance du 23 janvier de la Cour internationale de justice dans l’instance relative aux violations alléguées de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide par la Birmanie et des mesures conservatoires qu’elle a décidées afin de sauvegarder, dans l’attente d’une décision sur le fond, les droits de la population Rohingya en Birmanie. Les autorités birmanes doivent mettre en œuvre ces mesures de protection décidées par la Cour, garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire et créer les conditions pour un retour volontaire, sûr, digne et durable des Rohingya en Birmanie.

En outre, comme nous l’avons exprimé au mois d’août dernier avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, nous saluons les négociations en cours entre les Etats-membres de l’ASEAN et la Chine afin de parvenir à l’élaboration d’un Code de conduite en mer de Chine méridionale en conformité avec la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, et garantissant la coopération avec les Etats tiers. La France appelle tous les Etats riverains à prendre des mesures propres à prévenir et réduire les tensions et à contribuer à maintenir et promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et la sûreté dans la région.

Monsieur le Président,

Pour terminer, je souhaite souligner que la France entend approfondir ses relations avec l’Asie du Sud-Est, en particulier avec l’ASEAN, organisation qui a tant contribué à la paix et à la stabilité dans une région centrale pour l’espace indopacifique. La France souhaite notamment devenir « partenaire de développement » de l’organisation afin de renforcer encore son action en faveur du multilatéralisme, du développement durable, de la paix et de la sécurité en Asie du Sud-Est.

Je vous remercie.

Dernière modification : 31/01/2020

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