L’action de la MINUSS est indispensable pour assurer la protection des civils au Soudan du Sud [en]

MISSION DES NATIONS UNIES AU SOUDAN DU SUD

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST, REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 16 septembre 2020

Je vous remercie Monsieur le Président,

Je voudrais à mon tour remercier le RSSGNU M. David Shearer, M. Marc Lowcock et Mme Nyachangkuoth Rambang Tai pour leurs exposés extrêmement intéressants et très éclairants.

Je souhaite revenir pour ma part sur trois points : l’indispensable poursuite d’un processus de paix inclusif, la hausse continue des violences intercommunautaires et l’impérative réponse qui doit être apportée aux besoins humanitaires du Soudan du Sud.

La France appelle le gouvernement de transition à poursuivre avec détermination ses efforts engagés pour mettre en œuvre l’accord de paix revitalisé. L’accord sur la répartition des sièges de gouverneurs du 17 juin dernier et la nomination de la quasi-totalité des gouverneurs marquent des avancées extrêmement importantes. Ces avancées doivent être prolongées par la nomination du gouverneur de la région du Nil supérieur et par la constitution de l’Assemblée législative nationale de transition. La France rappelle que la pleine participation des femmes et des jeunes doit à ce titre être effective et significative.

Des avancées concrètes doivent par ailleurs être réalisées sur les autres volets de la transition, notamment la réforme du secteur de sécurité mais également la lutte contre l’impunité à travers la mise en place de la Cour hybride, également sur le plein respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour l’ensemble des citoyens. Sans justice et sans bonne gouvernance, il ne saurait y avoir de paix durable.

La poursuite de nombreux affrontements entre les mouvements signataires et les non-signataires de l’accord de paix, en violation de leur engagement à respecter le cessez-le-feu, représente une grave menace pour le processus de paix.

Deuxième point, la hausse continue des violences intercommunautaires, notamment dans le Jongleï, est un sujet de préoccupation majeur. Le cercle vicieux entre les violences et l’impunité alimente les violations des droits de l’Homme, en particulier celles qui ciblent les femmes et les enfants. L’augmentation des violences sexuelles et fondées sur le genre est inacceptable, elle doit faire l’objet d’une réponse législative et judiciaire ferme de la part des autorités. Nous saluons l’adoption en février dernier d’un plan d’action sur la question des enfants affectés par le conflit armé et appelons à sa pleine mise en œuvre. La France appelle par ailleurs les autorités du Soudan du Sud à observer un moratoire sur l’application de la peine de mort en vue de son abolition définitive. Dans le contexte pandémique actuel, la France souligne en outre la nécessité pour tous les acteurs sud-soudanais de mettre pleinement en œuvre le cessez-le-feu demandé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2532.

L’action de la MINUSS demeure, dans ce contexte, indispensable pour assurer la protection des civils au sein des sites de protection mais également, vous l’avez dit, en dehors. Je rappelle que pour qu’elle puisse s’acquitter de son mandat, la MINUSS doit bénéficier de sa pleine liberté de mouvement. Le plein respect des obligations énoncées dans l’accord sur le statut des forces doit à cet égard être assuré.

Vous l’avez rappelé M. Lowcock, la situation humanitaire au Soudan du Sud reste dramatique et elle ne fait que s’aggraver. Plus de 1.6 million de personnes ont été contraintes de fuir à l’intérieur de leur propre pays alors que près de 2.2 millions sont réfugiées dans les pays voisins. La faim affecte 6 millions de personnes au Soudan du Sud. Il est donc urgent que l’ensemble des parties facilite, conformément au droit international humanitaire, l’acheminement rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire.

Les meurtres de travailleurs humanitaires dans les États de Jongleï, d’Equateur central et des Lacs sont par ailleurs intolérables, ils doivent faire l’objet d’une enquête afin de lutter sans relâche contre l’impunité de tels actes. Je salue la réactivité de la MINUSS à cet égard qui a annoncé l’établissement d’une base temporaire dans le comté de Lobonok face à la recrudescence des attaques armées contre les civils et contre les convois humanitaires. La protection des civils, y compris des personnels humanitaires et médicaux, est une priorité absolue.

Je voudrais, enfin, rappeler le plein soutien de la France à l’ensemble des personnels de la MINUSS ainsi qu’au personnel humanitaire et médical présent au Soudan du Sud. C’est leur courage, leur détermination qui contribuent, chaque jour un peu plus, à la paix.

Je vous remercie Monsieur le Président.

Dernière modification : 16/09/2020

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