La COVID19 a eu de graves conséquences en Afrique de l’Ouest et au Sahel [en]

UNOWAS

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 9 juillet 2020

Monsieur le Président,

Permettez-moi de débuter mon intervention en exprimant les profondes condoléances de la France à la Côte d’Ivoire à la suite du décès du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly. Au moment où la Côte d’Ivoire est engagée dans la préparation d’importantes échéances électorales pour l’avenir du pays, la France salue la mémoire de ce grand serviteur du peuple ivoirien.

La France félicite le Représentant spécial et l’équipe du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel pour avoir poursuivi leurs actions ces derniers mois, malgré la pandémie de COVID-19.

La pandémie a déjà eu de graves conséquences en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Nous devons donc redoubler d’efforts pour accompagner les pays de la région face à leurs défis, qu’il s’agisse de la sécurité, du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, des conséquences humanitaires, du développement économique, ou encore du changement climatique et de ses impacts sur la paix et la stabilité de ces États. A cet égard, je salue l’intervention de Mme Hindou Amarou qui a mis en évidence, et avec force, l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité au Sahel.

La situation sécuritaire dans la zone reste fragile, essentiellement au Sahel. Le Sommet de Nouakchott du 30 juin a permis de faire le point sur la situation et sur les engagements communs pris à Pau. L’ensemble des pays de la région et leurs partenaires y ont réaffirmé leur détermination à lutter contre le terrorisme, ainsi qu’à intensifier leurs efforts pour une stabilisation durable de la région. Dans la zone des trois frontières, entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les groupes terroristes poursuivent leurs activités, ce qui a contraint des milliers de personnes à fuir les violences. Mais les opérations militaires menées depuis mars par la France et les pays du G5 Sahel ont donné des résultats, affaiblissant et désorganisant les groupes terroristes, qu’il s’agisse de l’Etat islamique au Grand Sahara ou des groupes armés affiliés à Al-Qaida. Je rappelle ainsi la neutralisation du leader d’AQMI, Abdelmalek Droukdel, intervenue le 3 juin dernier. Nous notons aussi des avancées en matière de développement et de redéploiement de l’État, efforts que nous accompagnons avec nos partenaires, notamment ceux de l’Union européenne. La France salue les annonces des autorités sahéliennes concernant l’ouverture d’enquêtes sur les allégations de violations des droits de l’Homme, notamment celles visant certains membres de leurs armées, et elle appelle à ce que les responsables soient identifiés et traduits en justice.

Sur le plan politique, l’année en cours est décisive pour la consolidation des processus démocratiques. Je souhaiterais évoquer plus particulièrement la Guinée et le Burkina Faso. En Guinée, les élections législatives et le référendum du 22 mars dernier ont été émaillés de tensions. La défiance entre les acteurs politiques demeure forte. Il est essentiel qu’un dialogue approfondi ait lieu. L’élection présidentielle d’octobre sera cruciale pour la suite du processus politique dans le pays et il est important qu’elle se déroule de manière transparente, crédible et inclusive. Au Burkina Faso, nous sommes préoccupés par l’insécurité qui règne au Nord et à l’Est, et qui pourrait nuire à la bonne tenue des élections du 22 novembre. Nous encourageons les autorités à renforcer la présence de l’Etat dans ces zones périphériques, dans un objectif de rétablissement des services de base et d’apaisement des tensions. Il est important de consolider les acquis dans ce pays qui a réussi sa transition démocratique il y a cinq ans. La France soutient le rôle de la CEDEAO et de la Francophonie pour accompagner les processus politiques dans la région.

Enfin, la situation dans le bassin du lac Tchad doit être l’objet d’un suivi attentif. La France salue les succès obtenus par les troupes tchadiennes contre les groupes terroristes. Nous encourageons le Nigéria, dont le rôle est essentiel, à capitaliser sur ces succès pour consentir, lui aussi, un effort militaire accru face à Boko Haram. Seule la restauration de la sécurité permettra le redéploiement des services de base, le redémarrage de l’économie et des actions de développement à long terme. Il est également indispensable que l’action des acteurs humanitaires et le droit international humanitaire soient respectés.

Je vous remercie.

Dernière modification : 09/07/2020

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