La Coalition internationale contre Daech doit se poursuivre [en]

Rapport semestriel du Secrétaire général sur Daech
Intervention de Mme Chloé Boniface, Conseillère à la Mission permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 27 août 2019

Monsieur le Président,

Permettez-moi à mon tour de remercier Vladimir Voronkov et Michèle Coninsx pour leur présentations. Comme le souligne le rapport, malgré la perte de son ancrage territorial, Daech continue de poser une menace sérieuse à la paix et la sécurité internationales, notamment à travers ses filiales régionales et les attaques qu’il continue d’inspirer.

Dans ce contexte, l’action de la Coalition internationale contre Daech doit se poursuivre, dans ses volets militaire et civil, en appuide solutions politiques pluralistes et inclusives en Syrie et en Irak. Il s’agit de la seule réponse durable pour empêcher la réémergence de Daech sous d’autres formes. La lutte contre l’impunité des crimes commis par Daech est également un élément indispensable à la paix et à la réconciliation. Ces messages ont été réaffirmés lors de la réunion de la Coalition qui s’est tenue à Paris le 25 juin et consacrés dans la « feuille de route de Paris », qui a vocation à guider l’action de la Coalition dans les prochains mois.

En complément, la France estime que nos efforts doivent continuer de porter sur trois domaines d’action prioritaires, qui figurent dans le rapport :

1/- Tout d’abord, la lutte contre le financement du terrorisme. Alors que les ressources financières de Daech sont encore estimées à près de 300 millions de dollars, nous devons intensifier nos efforts pour isoler les terroristes en asséchant leurs sources de financement. La France encourage tous les Etats à mettre pleinement en œuvre la résolution 2462 et à coopérer étroitement avec les Nations unies dans la mise œuvre de leurs obligations. Nous devons construire un partenariat le plus large possible, en associant l’ensemble des acteurs concernés : Etats, secteur privé, institutions multilatérales, société civile. La France salue le travail remarquable effectué par la Direction exécutive du comité contre le terrorisme et par le Bureau de lutte contre le terrorisme en matière d’évaluation des besoins et de fourniture d’assistance technique. La deuxième édition de la conférence « No Money for Terror » qui se tiendra en Australie en novembre sera l’occasion de faire un point d’étape sur la mise en œuvre des engagements pris à Paris en avril 2018 et des obligations posées par la résolution 2462.

2/- La deuxième priorité concerne le traitement des combattants terroristes étrangers et des personnes qui leur sont associées à travers la pleine mise en œuvre de la résolution 2396.

Nous devons ainsi continuer à renforcer les mesures de détection, de prise en charge et de suivi des personnes à risque, et ce via un partage d’informations constant. Au niveau international, une coordination étroite entre les services de renseignement civil, militaire et financier mais aussi entre les autorités judiciaires est essentielle pour répondre à la menace et pour rendre la justice. La France a une position constante à cet égard : les combattants terroristes étrangers ont vocation à être jugés au plus près des lieux où ils ont commis leurs crimes. C’est une question de justice et de sécurité à la fois. La France rappelle qu’elle est opposée, en tous lieux et en toutes circonstances, à la peine de mort. Par ailleurs, la France attache une importance particulière à la prise en charge des enfants , notamment socio-psychologique et éducative, pour favoriser leur réintégration.

3/- Enfin, la troisième priorité est la prévention de l’utilisation d’internet à des fins terroristes. Des progrès ont été faits et les entreprises de l’Internet se mobilisent. Mais comme l’attaque de Christchurch l’a démontrée, beaucoup reste à faire pour entraver plus efficacement la diffusion de la propagande terroriste et soutenir l’élaboration de contre-discours positifs. C’est pourquoi la France et la Nouvelle-Zélande se sont mobilisées en lançant, aux côtés de plusieurs partenaires et entreprises de l’Internet, l’Appel de Christchurch. Cet appel comprend des engagements collectifs et volontaires pris par les gouvernements et les fournisseurs de services en ligne pour faire face au problème des contenus en ligne à caractère terroriste et prévenir les utilisations abusives de l’Internet, dans le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et des principes d’un Internet libre, ouvert et sûr. Il s’inscrit en complément des mesures importantes déjà prises dans d’autres cadres, qu’il s’agisse de l’Union européenne, du G20 et du G7, du Forum mondial de l’Internet contre le terrorisme, de l’initiative Tech Against Terrorism ou encore du processus d’Aqaba. Nous resterons pleinement mobilisés pour assurer le suivi de ces engagements.

Monsieur le Président,

Permettez-moi, pour conclure, d’insister sur le rôle central et fédérateur que doivent continuer à jouer les Nations unies dans le combat contre le terrorisme. La France continuera d’apporter son soutien aux entités onusiennes dans leurs efforts d’identification des besoins et réponses à apporter ainsi que dans la promotion de la coordination entre l’ensemble des acteurs concernés.

Je vous remercie.

Dernière modification : 28/08/2019

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