La Corée du Nord poursuit le développement de ses capacités nucléaires et balistiques [en]

Non-prolifération/Corée du Nord
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 11 décembre 2019

Madame la Présidente,

Ce Conseil se mobilise depuis des années sur le dossier nucléaire nord-coréen ; et depuis des années, la menace n’a cessé de s’amplifier et de s’aggraver. Les risques ne sont pas seulement réels et avérés ; ils sont très élevés et croissants.

A l’heure où nous nous réunissons, ce programme continue à progresser et la matière fissile à être produite

Nous partageons pleinement la préoccupation exprimée à l’égard des provocations nord-coréennes, et en particulier les 13 séries de tirs d’une vingtaine de missiles balistiques de ces derniers mois. Ces tirs démontrent la volonté de la Corée du Nord de développer son arsenal de missiles. Ils violent nos décisions, qui interdisent clairement à la Corée du Nord de recourir aux technologies balistiques. Ils portent atteinte à la stabilité et à la sécurité régionales et à la paix et à la sécurité internationales. Ils sapent notre confiance et font douter de la sincérité du régime dans sa volonté de négocier.

La Corée du Nord n’a pas cessé de poursuivre le développement de ses capacités nucléaires et balistiques. Contrairement à ce que l’on entend ici ou là, elle n’a rigoureusement pris aucune mesure en sens inverse. Les sites liés à ses programmes illicites restent opérationnels et actifs. Le test du 7 décembre ne montre pas uniquement que le régime envisage de poursuivre ses provocations en violation des résolutions de ce Conseil, mais également qu’il ne respecte pas ses propres engagements, puisque KIM Jong-un avait annoncé le démantèlement du site où cet essai a eu lieu, Tongchang-ri, lors du sommet intercoréen de Pyongyang en septembre 2018.

Dans ce contexte, nous devons rester à la fois lucides et vigilants sur la situation. Notre approche sur ce dossier doit être ferme, claire et sans ambiguïté.

Je souhaite rappeler que la mise en œuvre stricte et intégrale des décisions du Conseil de sécurité et, à travers lui, de la communauté internationale, est une obligation collective. Elle doit aller de soi pour nous tous.

Le régime a méthodiquement poursuivi ses efforts pour contourner les sanctions et échapper aux effets de nos décisions, qu’il s’agisse de la présence à l’étranger de travailleurs envoyés par le régime ou de transbordements illicites de produits pétroliers et de charbon. Le panel d’experts nous fait régulièrement part de ses conclusions sur les nombreuses violations observées.

Les sanctions ne sont pas une fin en soi, elles servent notre objectif commun de parvenir à la dénucléarisation de la Corée du Nord. La situation ne justifie aucunement de les lever et d’alléger leur mise en œuvre. Nous devons en outre être prêts à répondre avec fermeté à toute remise en cause par le régime nord-coréen de nos décisions et de notre autorité.

La Corée du Nord traverse une crise humanitaire grave. Les sanctions établies par ce Conseil prévoient des exemptions à cette fin et elles sont utilisées. Mais il doit être très clair que la responsabilité de cette crise humanitaire incombe au régime. Au lieu de consacrer l’essentiel de ses ressources au développement de programmes nucléaires et balistique et de menacer la paix internationale, les autorités de Pyongyang devraient plutôt nourrir leur population.

La porte du dialogue avec Pyongyang reste ouverte. La main est tendue. Nous soutenons et saluons les efforts inlassables menés depuis deux ans par les Etats-Unis pour permettre l’engagement d’une négociation. Ce que nous attendons à présent, ce sont des gestes d’engagement concrets de la part de la Corée du Nord, qui doit s’abstenir de toute provocation. Elle doit se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité et s’engager rapidement et de bonne foi dans un processus de dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible. C’est la seule voie possible pour parvenir à une solution politique et à une paix durable sur la péninsule coréenne. Je vous remercie.

Dernière modification : 11/12/2019

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