La France appelle tous les pays à voter en faveur de la résolution "Diplomatie et Santé"

Résolution « une approche inclusive pour le renforcement des systèmes de santé »
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
au nom de l’Afrique du Sud, du Brésil, de la France, de l’Indonésie, de la Norvège, du Sénégal et de la Thaïlande
Assemblée générale – 11 décembre 2019

Monsieur le Vice-Président de l’Assemblée générale,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers amis,

J’ai le plaisir d’intervenir aujourd’hui afin de présenter au nom des sept membres de l’initiative « Diplomatie & Santé » que sont l’Afrique du Sud, le Brésil, la France, l’Indonésie, la Norvège, le Sénégal et la Thaïlande, le projet de résolution intitulé « une approche inclusive pour le renforcement des systèmes de santé », figurant au point 126 de l’ordre du jour.

Je souhaiterais tout d’abord revenir en quelques mots sur l’initiative elle-même, à laquelle la France est très attachée depuis son lancement en 2006 :
-  L’objectif de cette initiative est à la fois de plaider en faveur d’une plus grande reconnaissance des synergies entre la santé mondiale et la politique étrangère et de promouvoir les questions de santé mondiale à l’Assemblée générale des Nations unies ;
-  Chaque année, le pays coordinateur propose un thème de travail en rapport avec les sujets retenus dans le programme d’action de l’initiative Diplomatie & Santé tel que présenté dans la déclaration ministérielle d’Oslo en 2007 ;
-  Le thème choisi donne alors lieu à un projet de résolution, discuté par le groupe des 7 en amont à Genève avant d’être négocié et finalisé à New York entre nous tous les membres des Nations unies.

Cette année, le groupe des 7, placé sous présidence française, a l’honneur de présenter un projet de résolution sur le thème de l’inclusivité. Cette approche inclusive est double : il s’agit à la fois d’une inclusivité en matière de gouvernance et d’une inclusivité en matière d’accès aux soins :

L’inclusivité en matière de gouvernance, qui est une des idées forces de ce projet de résolution, suppose l’association de la société civile à la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques de santé. L’objectif est de permettre aux citoyens de faire les meilleurs choix pour leur propre santé mais aussi de leur permettre de participer pleinement aux débats sur les choix de politique publique visant à assurer la pérennité et à renforcer la résilience du système de soins de santé dont ils bénéficient.

L’inclusivité en matière d’accès aux soins de santé implique de fournir les services de santé, les médicaments ou les vaccins à l’ensemble des populations, y compris les plus difficiles d’accès ainsi que celles qui sont vulnérables ou en situation de vulnérabilité.

A titre national, je souhaiterais d’ailleurs citer ici l’exemple de la participation de la société civile et des communautés affectées par le sida, la tuberculose et le paludisme à la gouvernance du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, tant à Genève que dans les pays. La reconnaissance de l’expertise communautaire dans la programmation, la mise en œuvre, et le suivi des subventions est au fondement des résultats exceptionnels atteints par le Fonds mondial, qui a sauvé plus de 32 millions de vies depuis sa création. La France est le 2e contributeur historique du Fonds mondial, dont elle a accueilli à Lyon, le 10 octobre dernier, la sixième Conférence de reconstitution des ressources. Je me permets également de rappeler qu’à cette occasion, 14 milliards de dollars ont pu être récoltés pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme au cours des trois années à venir.

A titre national également, je souhaiterais mentionner ici que le Président de la République française, Emmanuel Macron, a rappelé dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le 24 septembre que l’une des priorités de l’action de la communauté internationale doit être la réduction des inégalités. La lutte contre les inégalités est d’ailleurs la grande priorité du G7 cette année. Le Secrétaire d’Etat auprès des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne a insisté le 23 septembre dernier sur l’importance de l’inclusivité pour renforcer et rendre plus efficaces les systèmes de santé. Cela implique également de garantir un accès universel à des services de santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à des droits en matière de reproduction. Par ailleurs, dans les situations de catastrophes naturelles, d’urgence humanitaire et de conflits armés, la garantie de soins non discriminatoires et la prise en compte des besoins spécifiques des victimes de violences sexuelles sont fondamentales.

Monsieur le Président,

Les membres du groupe estiment que l’accès aux soins pour tous est un facteur de cohésion sociale et de stabilité qui permet de réduire les inégalités, notamment les inégalités de genre. La continuité de l’accès aux soins est par ailleurs un enjeu crucial pour ceux qui font face à des situations de crise, y compris les catastrophes naturelles, les urgences humanitaires et les conflits armés.

Nous nous sommes efforcés, avec le groupe des 7, de conduire les discussions de façon ouverte et inclusive et d’œuvrer sans relâche en faveur d’un consensus. A l’issue de la procédure de silence, nous avons pris en compte au mieux les demandes des quelques délégations qui avaient rompu le silence tout en gardant à l’esprit la nécessité de conserver un équilibre des différents points de vue en présence. Nous avons ainsi essayé de trouver, avec l’ensemble des membres du groupe, un texte de compromis acceptable par tous. Le texte qui vous est soumis ce jour est donc le fruit de la recherche d’un équilibre et le résultat de nombreux efforts et concessions de la part des différents Etats Membres.

Avec ce projet de résolution, nous souhaitons réaffirmer notre intention et notre volonté de continuer à œuvrer ensemble dans le futur – et notamment l’année prochaine sous la présidence de l’Indonésie – , et en particulier en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé, pour obtenir des résultats concrets dans le cadre de l’initiative « Santé Mondiale et Politique Etrangère ».

En conclusion, j’appelle donc tous les États Membres à se joindre à nous pour adopter le projet de résolution et ainsi soutenir cette importante initiative. Je vous remercie Monsieur le Président.

Dernière modification : 25/02/2020

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