La France est convaincue que la Serbie et le Kosovo ont un avenir européen commun [en]

MINUK

Intervention de Mme Nathalie Broadhurst
Représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
au Conseil de sécurité

New York, le 21 octobre 2020

Monsieur le président,

Je tiens à remercier le représentant spécial du Secrétaire général, M. Zahir Tanin, pour sa présentation. Je salue également la participation à cette vidéoconférence du premier vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Serbie ainsi que de la ministre des affaires étrangères et de la diaspora du Kosovo.

L’un des principaux défis du Kosovo aujourd’hui est la normalisation complète des relations avec la Serbie, à travers un règlement définitif de leur différend. Parvenir à un accord global, définitif et juridiquement contraignant est une des conditions posées à la Serbie comme au Kosovo pour progresser dans leur perspective d’adhésion à l’Union européenne.

Nous soutenons à cet égard pleinement le dialogue facilité par le représentant spécial de l’Union européenne Miroslav Lajcak, et nous regrettons vivement qu’il n’ait pas pu nous présenter aujourd’hui un point de situation sur le dialogue entre les deux parties. La médiation de l’Union européenne, je le rappelle, se fonde sur une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies. Le différend entre la Serbie et le Kosovo est un enjeu de sécurité européenne, ce qui justifie pleinement le rôle de l’Union européenne sur ce sujet.

Nous nous félicitons que la Serbie et le Kosovo aient décidé de reprendre leur dialogue lors du sommet de Paris du 10 juillet, qui était co-présidé par le Président Emmanuel Macron et par la Chancelière Angela Merkel. Le dialogue entre Belgrade et Pristina a donc repris en juillet, ce après 20 mois d’interruption. Nous saluons les premières avancées obtenues dans le cadre de ce dialogue, notamment dans trois domaines : la coopération économique, les personnes déplacées et réfugiés et les personnes portées disparues. Nous appelons aujourd’hui à la poursuite de ces négociations et à des progrès concrets. Il est essentiel que tous les sujets contentieux, y compris les plus sensibles, soient traités, notamment l’Association des municipalités à majorité serbe du Kosovo.

Nous invitons les acteurs également mobilisés sur ce dossier à soutenir la médiation de l’Union européenne et à coordonner leurs efforts avec elle.

Nous saluons l’action de la MINUK, la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo. Elle œuvre sans relâche pour promouvoir la sécurité, la stabilité, mais également le renforcement de l’Etat de droit et la protection des droits de l’Homme au Kosovo et dans la région. La MINUK ainsi que les agences des Nations unies au Kosovo ont notamment joué un rôle absolument majeur pour aider le Kosovo à faire face à la pandémie de COVID-19, ce en complément de l’aide massive apportée par l’Union européenne. Les efforts de la MINUK doivent se poursuivre, en coordination bien sûr avec les initiatives d’autres acteurs régionaux et internationaux, en particulier la mission « État de droit » de l’Union européenne, EULEX Kosovo. La France rappelle son plein soutien à la mission d’EULEX, notamment dans le cadre de ses activités de soutien aux Chambres Spécialisées pour le Kosovo. La France rappelle son attachement à la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes graves. C’est pourquoi, nous appelons tous les acteurs à continuer à soutenir et à coopérer avec les Chambres spécialisées pour le Kosovo et le Bureau du Procureur spécialisé.

Enfin, et c’est mon dernier point, la France est absolument convaincue que la Serbie et le Kosovo ont un avenir européen commun. L’Union européenne, qui est le premier partenaire commercial, le premier investisseur et le premier donateur dans chacun des deux pays, continuera ses efforts pour faciliter la conclusion d’un accord global et juridiquement contraignant entre les deux parties, qui contribuera à la stabilisation durable des Balkans occidentaux et au rapprochement européen des deux pays. La France reste très engagée sur ce sujet, en appui aux deux parties et à la médiation de l’Union européenne.

Je vous remercie, Monsieur le président.

Dernière modification : 27/10/2020

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