La France est convaincue de l’avenir européen de la Serbie et du Kosovo [en]

MINUK
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 31 octobre 2019

Monsieur le Président,

Je remercie à mon tour le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Zahir Tanin, ainsi que le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Serbie, M. Dacic et l’ambassadrice du Kosovo aux Etats-Unis, Mme Citaku, pour leurs interventions. Tout d’abord, très respectueusement je souhaite rappeler que le paragraphe 22 de la note 507 sur les méthodes de travail du Conseil, recommande que les interventions des orateurs invités ne devraient pas dépasser 5 minutes. Je crois que c’est particulièrement important également que nos séances puissent donner lieu à des échanges constructifs et non polémiques. C’est essentiel si nous voulons travailler à surmonter les traumatismes du passé et nous savons combien ils sont profonds.

Monsieur le Président,

Au vu de la situation décrite dans l’intervention du Représentant spécial et dans le rapport du Secrétaire général, je souhaiterais souligner brièvement quatre points.

Tout d’abord, je souhaite féliciter les autorités et le peuple du Kosovo pour la tenue, le 6 octobre, des élections législatives, un moment important de leur vie démocratique. Ces élections se sont déroulées dans l’ensemble dans de bonnes conditions, comme l’a relevé la mission d’observation de l’Union européenne, malgré des mesures d’intimidation dans certaines localités. Nous souhaitons la formation rapide du nouveau gouvernement afin qu’il mette en œuvre les réformes, notamment dans le domaine de l’Etat de droit, qui constitue le critère central du rapprochement des pays de la région avec l’Union européenne.

Deuxième point, je souhaite également saluer le travail de la mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), en faveur de la promotion de la sécurité, de la stabilité et du respect des droits de l’Homme au Kosovo et dans la région. La France se félicite, notamment, des activités de la MINUK en matière de rapprochement des communautés et de promotion de l’agenda femmes, paix et sécurité, et ceci de manière complémentaire aux initiatives menées par les autres acteurs régionaux et internationaux, en particulier la mission de l’Union européenne sur l’État de droit, EULEX Kosovo. Le représentant spécial du Secrétaire général vient de porter à notre connaissance de premiers éléments sur l’enquête interne au sujet d’un incident ayant impliqué deux personnels de la MINUK en mai 2019. L’usage excessif de la force et le non-respect de l’immunité de ces personnels ne sont pas acceptables. Il est nécessaire que les autorités du Kosovo expliquent comment de tels faits ont pu se produire, et que toutes les parties mettent en place les mécanismes adéquats pour que de tels incidents ne se reproduisent pas.

Monsieur le Président,

Troisièmement, je souhaiterais revenir sur l’enjeu essentiel, qui doit mobiliser toutes les énergies et qui reste la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade, dans le cadre du dialogue mené sous l’égide de l’Union européenne. La France regrette que ce dialogue soit interrompu depuis près d’un an et espère que le nouveau gouvernement du Kosovo, dès qu’il sera formé, en fera sa priorité et qu’il trouvera à Belgrade un partenaire engagé. Lors de son déplacement à Belgrade les 15 et 16 juillet derniers, le président français Emmanuel Macron a rappelé les deux parties à rechercher un compromis. La première étape est la reprise des discussions : les parties devront rapidement prendre les mesures nécessaires. Dans le prolongement du sommet du 29 avril à Berlin, la France continuera de se mobiliser en soutien aux efforts de l’Union européenne et avec ses partenaires européens, en particulier l’Allemagne, pour faire progresser ce dialogue.

Quatrième et dernier point, je souhaite réaffirmer que la France est convaincue de l’avenir européen de la Serbie et du Kosovo. Cela implique la poursuite des réformes nécessaires pour consolider l’Etat de droit. Au Kosovo, EULEX contribue à cet objectif, en mettant l’accent sur l’efficacité, la déontologie et le caractère multi-communautaire du système judiciaire kosovar. Au-delà, cela nécessite la normalisation complète des relations entre Belgrade et Pristina, condition nécessaire à l’avenir européen des deux pays, qui ne peut être qu’un avenir partagé.

Et enfin, comme il s’agit de la dernière séance du Conseil sous la Présidence de l’Afrique du Sud, je souhaite exprimer mes félicitations à l’ensemble de la représentation permanente de l’Afrique du Sud pour la conduite fructueuse de nos travaux au court de ce mois.

Je vous remercie.

Dernière modification : 08/11/2019

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