La France est mobilisée aux côtés du Burkina Faso

Burkina Faso
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Réunion de la commission de consolidation de la paix – 5 mars 2020

Monsieur le Président, l’Ambassadeur Nicolas de Rivière aurait souhaité être parmi nous, mais il n’est pas à New York aujourd’hui.

Monsieur le Ministre, je voudrais commencer par vous remercier très vivement et très chaleureusement pour votre participation et pour votre exposé aujourd’hui ainsi que remercier le Directeur du développement, Monsieur Bassole, pour sa présentation complémentaire très utile. Votre présence aujourd’hui et votre engagement avec la commission de consolidation de la paix sont très positifs et très importants pour susciter et pour renforcer l’attention et la mobilisation internationales dont le Burkina Faso a besoin, dans le contexte sécuritaire et humanitaire actuel très préoccupant.

J’ai encore à l’esprit les propos que nous a tenus le mois dernier Filippo Grandi, le Haut-Commissaire aux réfugiés, lorsqu’il est venu nous parler de son déplacement sur le terrain en mettant l’accent sur les souffrances et les violences auxquelles a été exposé le flux croissant de déplacés et de réfugiés, particulièrement les femmes. Et je voudrais également remercier une des panélistes, Madame Ouedraogo pour les propos qu’elle nous a tenus à cet égard.

Je voudrais à mon tour revenir sur trois messages en écho aux messages du Ministre et très largement convergents avec eux.

Le premier message, est que nous avons la responsabilité collective d’encourager et d’appuyer les autorités du Burkina Faso à mettre en œuvre une stratégie nationale forte pour résoudre ces défis. Le programme d’urgence pour le Sahel et la matrice d’actions prioritaires que vous avez présentés sont un très bon cadre de travail et sont un très bon outil de coordination, comme Monsieur Tomat du SEAE l’a fait remarquer. Nous encourageons les autorités du Burkina Faso à en assurer le suivi au plus haut niveau. Un point particulièrement important nous semble être de se focaliser sur trois axes d’action : il y a d’une part la santé et l’éducation, il y a aussi la police et la justice et le renforcement de la chaine pénale, c’est très important dans ce contexte, et enfin la réconciliation entre communautés. A ce titre je voudrais évoquer un point, qui est que mon pays suit avec attention la mise en œuvre de la loi adoptée le 21 janvier 2020 sur le recrutement des volontaires pour la défense de la patrie, et j’aurais une question pour vous, Monsieur le Ministre, est-ce-que vous pourriez nous en dire plus sur cette loi qui institue des volontaires pour la défense du Faso et notamment sur les mesures qui sont envisagées pour assurer à ces volontaires une formation et un encadrement adéquats ?

Le deuxième message que je voulais mettre en exergue et qui a été souligné par tout le monde dans cette salle, c’est que, face à l’ampleur des défis, le Burkina Faso ne peut pas agir seul et a besoin d’un soutien de grande ampleur. A cet égard je voudrais faire quelques rappels sur ce que fait la France, bien-sûr en parfaite concertation avec ses partenaires, et notamment l’Union européenne. Comme vous le savez et comme le Ministre l’a évoqué, à la suite du Sommet de Pau, qui s’est tenu le 13 janvier dernier, nous avons lancé, avec les pays du G5 Sahel, la coalition pour le Sahel. Cette structure permet d’ores et déjà un effort accru dans la lutte contre le terrorisme. Elle vise aussi à renforcer les capacités militaires des États du G5 Sahel, à soutenir le redéploiement des services de l’État ainsi que le développement. Nous sommes pleinement dans cette philosophie des « 3D », défense, diplomatie, développement. Le Burkina Faso va être l’un des premiers bénéficiaires de cet engagement. En matière d’aide au développement, la France est le premier bailleur bilatéral du Burkina Faso avec en 2019, 200 millions d’euros qui ont été engagés à travers l’Agence française de développement. Cette année nous allons également augmenter de façon très significative notre assistance humanitaire.

Enfin troisième et dernier point, je souhaitais revenir sur le rôle des Nations unies au Burkina Faso. Je souhaitais notamment féliciter les Nations unies pour avoir, en un temps record, intensifié leurs activités dans le pays et développé des actions, notamment celles qui sont financées par le fonds de consolidation de la paix. Il nous semble que nous pouvons progresser encore davantage, à la fois pour développer un dialogue politique plus étroit entre les Nations unies et les autorités du Burkina Faso, mais aussi pour que les entités des Nations unies présentes au Burkina Faso aient une approche plus intégrée et coordonnée de leur action. Et à cet égard il nous semblerait utile que le Secrétariat fasse une cartographie des actions de l’ONU, sous l’angle de la consolidation la paix, mais aussi de l’assistance humanitaire et du développement. Nous avons encore une vision assez éparse de ces différentes actions. Et je crois qu’une telle cartographie nous permettrait de mieux appréhender ce qui a été fait, et de déterminer les besoins financiers.

Pour conclure, la France restera bien évidemment mobilisée, à titre national et au sein des enceintes pertinentes des Nations unies, pour accompagner le Burkina Faso afin de répondre à la crise très grave et à ce moment tout à fait critique qu’il traverse.

Peut-être toute dernière question, Monsieur le Ministre, si vous me le permettez, est-ce-que vous pourriez faire un bref point sur les élections qui sont prévues pour le 22 novembre prochain et surtout sur l’appui que vous attendez de vos partenaires internationaux ?

Dernière modification : 05/03/2020

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