La France est préoccupée et solidaire face au risque d’expansion du COVID-19 en RCA [en]

Réunion de la Configuration RCA de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies
Déclaration de Mme Anne Gueguen, Représentante permanente adjointe de la France auprès de l’ONU
7 mai 2020

(traduction de l’intervention prononcée initialement en anglais)

Monsieur le Président,

Je souhaiterais vous remercier d’avoir organisé cette réunion opportune et très instructive et à remercier nos intervenants pour leurs présentations utiles. Je souscris pleinement à vos commentaires sur la nécessaire défense du multilinguisme, qui souffre particulièrement des nouvelles méthodes de travail via les réunions virtuelles. Il est tristement paradoxal qu’on m’ait demandé de m’adresser à vous en anglais, alors que tous nos éminents intervenants, la majorité des représentants permanents présents et de nombreux participants parlent parfaitement français, et que le français est une langue de travail du Secrétariat des Nations unies. Il aurait pu être parfaitement possible de parler en français et de distribuer mes points en anglais via le salon de discussion si celui-ci avait pu être utilisé pour envoyer des messages à tous les participants, comme cela se fait dans de nombreuses réunions virtuelles en utilisant cette plateforme. Il aurait été encore mieux de disposer d’une interprétation simultanée en ligne et j’espère qu’une solution appropriée sera rapidement trouvée pour les réunions de la Commission de consolidation de la paix et, plus largement, pour toutes les réunions des Nations unies. Ce qui pouvait être compris lors des premiers jours ou des premières semaines, l’est plus difficilement au bout de six semaines.

Permettez-moi maintenant d’aborder le sujet très important de la réunion d’aujourd’hui :

1/ Le premier message que je voudrais passer est celui de la préoccupation et de la solidarité de la France face au risque d’expansion de la pandémie COVID-19 en République centrafricaine et dans la région. C’est pourquoi la France, en étroite coordination avec l’Union européenne et l’Union africaine, plaide pour une mobilisation de la communauté internationale afin de soutenir les efforts de nos partenaires africains dans quatre domaines prioritaires : la santé, la relance économique, l’aide humanitaire et la recherche scientifique.

Dans ce contexte, nous avons exhorté le G20 et le Club de Paris à envisager un moratoire sur le paiement du service de la dette des pays africains et, pour la première fois, les ministres des finances du G20 sont parvenus à un accord sur cette problématique. Il permettra ainsi à 77 pays de mieux utiliser leurs ressources pour la santé publique et les aidera également à prendre des mesures pour renforcer leurs économies. Pour la France, cela représente un milliard d’euros.

Outre son action pour mobiliser un soutien international, la France s’est elle-même engagée à hauteur de 1,2 milliard d’euros pour soutenir nos partenaires africains dans leur réponse au COVID-19. En particulier, en République centrafricaine, la France a renforcé les capacités de l’Institut Pasteur de Bangui et octroyé des financements à l’ONG ALIMA, spécialisée dans le domaine de la santé, afin de soutenir le plan de réponse des autorités centrafricaines.

La France soutient également fermement l’initiative de l’Union européenne d’un pont aérien humanitaire, en conformité avec le Plan de réponse humanitaire global. Cette initiative permettra le transport aérien d’assistance et de personnels humanitaires pour éviter des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, en particulier en Afrique. Dans ce contexte, la Commission européenne a travaillé en étroite collaboration avec les autorités centrafricaines afin d’organiser les premiers vols vers Bangui dans les prochains jours, avec le plein soutien de la France.

Monsieur le Président,

2/ Le COVID-19 en République centrafricaine est un défi sérieux en matière de santé avec des implications possibles sur la situation politique, sécuritaire, humanitaire et socio-économique. Dans ce contexte, nous devons veiller à ce que la pandémie ne remette pas en cause les avancées obtenues jusqu’à présent dans le pays, y compris dans le domaine de la santé publique (je pense aux programmes de vaccination ainsi qu’aux programmes pour les mères et les enfants), et à ce que nous ne reculions pas sur les Objectifs de développement durable. La priorité claire de la France est de contribuer au renforcement des systèmes nationaux de santé.

Dans ce contexte, la mise en œuvre de l’accord de paix doit se poursuivre et les parties doivent respecter leurs engagements. A cet égard, nous restons préoccupés par la persistance des violences, des activités illégales et des entraves à l’aide humanitaire commises par les groupes armés. Il faut que cela cesse. Le Conseil de sécurité a récemment sanctionné Abdoulaye Miskine et n’hésitera pas à sanctionner d’autres fauteurs de troubles si nécessaire.

Deuxièmement, tous les acteurs centrafricains doivent continuer à travailler à la préparation d’élections présidentielles et législatives pacifiques, inclusives et transparentes, dans le strict respect du calendrier électoral et des dispositions constitutionnelles. Dans ce contexte, nous condamnons fermement toute tentative de déstabilisation des institutions centrafricaines ainsi que toute incitation à la violence et les manipulations. Nous encourageons également vivement les partenaires de la RCA à contribuer au fonds fiduciaire du PNUD pour le financement des élections. L’Union européenne a déjà donné 17 millions USD et la France est sur le point d’apporter sa propre contribution. Le montant de cette contribution est en cours d’examen et doit encore être défini.

Enfin, nous devons collectivement renforcer les efforts pour atténuer l’impact socio-économique de la crise en RCA et investir pour « reconstruire en mieux » (« building back better »). A cet égard, nous devons maintenir nos programmes de développement dans le pays, en conformité avec l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris.

Monsieur le Président,

3/ Je voudrais conclure en réitérant notre plein soutien au Représentant spécial du Secrétaire général, Mankeur Ndiaye, et à la MINUSCA dont le rôle est essentiel en ces temps difficiles. Nous saluons tout particulièrement les efforts déployés par la Mission pour s’adapter à ce nouveau contexte et pour continuer à mettre en œuvre son mandat.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/05/2020

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