La France est préoccupée par l’expansion du COVID-19 en Somalie et dans la région [en]

Somalie
Intervention de M. Antoine Michon, coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 21 mai 2020

Monsieur le Président,

Je souhaiterais remercier nos intervenants pour leurs présentations utiles et souligner trois points concernant la situation en Somalie.

Tout d’abord, la France est préoccupée par l’expansion du COVID-19 en Somalie et dans la région. Nous saluons les mesures prises par les autorités somaliennes pour lutter contre la propagation de la pandémie avec le soutien de la MANUSOM et d’autres partenaires.

La France est également mobilisée, en coordination avec l’Union européenne et l’Union africaine, pour soutenir nos partenaires africains dans leur réponse à la pandémie.

L’Union européenne a ainsi consacré environ 27 millions d’euros à la Somalie et met également en œuvre un pont aérien humanitaire vers l’Afrique que la France soutient pleinement.

Par ailleurs, la France a fortement plaidé pour un effort collectif afin d’envisager un moratoire sur le paiement du service de la dette des pays africains.

La France a également mobilisé 1,2 milliard d’euros pour soutenir nos partenaires africains dans quatre domaines prioritaires : la santé, la relance économique, l’aide humanitaire et la recherche scientifique.

En second lieu, la France considère que la Somalie se trouve aujourd’hui à un moment charnière, tant en ce qui concerne sa situation politique que le processus de préparation de son architecture de sécurité post-2021.

Sur le plan politique, tous les acteurs somaliens doivent continuer à œuvrer pour la préparation d’élections présidentielles et législatives pacifiques, inclusives, transparentes et sur le modèle « une personne, une voix » pour la fin de l’année 2020 ou le début de l’année 2021.

Cela nécessite un large consensus sur le cadre électoral et nous encourageons donc les autorités somaliennes à régler les questions en suspens concernant la loi électorale avec l’aide de la MANUSOM.

Dans ce contexte, la France appelle également le Gouvernement fédéral de Somalie et tous les Etats membres fédéraux à reprendre d’urgence leur dialogue. Ce dialogue sera clef pour la tenue des prochaines élections mais aussi pour d’autres réformes essentielles, notamment dans le secteur de la sécurité. Dans ce contexte, nous condamnons fermement les affrontements dans la région de Gedo qui sont guidés par des intérêts politiques au détriment de la transition sécuritaire.

La Somalie se trouve également à un moment critique sur le plan de la sécurité, puisque les institutions somaliennes sont appelées à prendre la tête de la responsabilité en matière de sécurité d’ici 2021.

Dans ce contexte, nous nous félicitons de la reprise des opérations conjointes menées par l’AMISOM et l’armée nationale somalienne contre Al-Shabaab dans le Bas-Shabelle. Nous appelons les autorités somaliennes à étendre ces opérations à d’autres régions, à mettre à jour le plan de transition et à accélérer l’établissement d’un plan pour la génération de nouvelles forces somaliennes et l’intégration des forces régionales dans l’armée nationale. Le dernier rapport du Secrétaire général montre qu’il est urgent de faire davantage de progrès sur ce front.

Enfin, la France estime que les autorités somaliennes et leurs principaux partenaires, dont l’Union européenne, l’Union africaine et les pays contributeurs de troupes à l’AMISOM, doivent désormais s’engager sérieusement dans les discussions sur le soutien international au secteur de la sécurité en Somalie après 2021.

L’Union européenne a montré sa volonté de participer activement à ces discussions et soutient une approche plus transactionnelle. Dans ce contexte, nous pensons que le modèle actuel de soutien international à la sécurité en Somalie ne peut pas être considéré comme acquis et que toutes les options doivent être mises sur la table, y compris des options alternatives à l’AMISOM.

En particulier, nous voulons dire clairement que le modèle actuel de financement de l’AMISOM par l’Union européenne n’est pas viable. Si l’Union européenne continuera à soutenir le secteur de la sécurité en Somalie, ce soutien dépendra de la mise en place de mécanismes de reddition des comptes, de la participation de l’Union européenne aux décisions stratégiques et de la contribution financière d’autres partenaires. Plus généralement, l’Union européenne a également lancé un processus de réflexion sur sa coopération plus large avec la Somalie, notamment par le biais des revues stratégiques de ses trois missions : Atalanta, EUTM Somalie et EUCAP Somalie.

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/05/2020

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