La France objecte à l’adoption de l’ordre du jour de la réunion sur l’Ukraine [en]

Demande de réunion d’urgence sur l’Ukraine
Explication de position de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 20 mai 2019

Monsieur le président,

La France objecte à l’adoption de l’ordre du jour de cette réunion.

La demande de la délégation russe de tenir précisément aujourd’hui, jour de l’investiture du nouveau président ukrainien M. Volodymyr Zelenskiy, démocratiquement élu à l’issue d’un processus électoral transparent, une réunion publique sur la loi relative à « l’usage de l’Ukrainien en tant que langue nationale » n’a manifestement pas pour ambition de contribuer à la résolution de la crise russo-ukrainienne.

La France soutient le maintien de l’examen de la crise ukrainienne à l’agenda du Conseil de sécurité mais estime que la demande sans préavis de la Russie, c’est-à-dire d’une partie au conflit, ne permet pas de tenir une discussion de fond, et surtout vise manifestement à mettre en difficulté le nouveau président ukrainien. La loi relative au statut de la langue ukrainienne adoptée le 25 avril et qui doit entrer en vigueur le 16 juillet, ne représente pas une urgence comparable à la situation humanitaire et la situation sécuritaire dans le Donbass. Ces deux questions doivent demeurer au centre de l’attention du Conseil. Dans ces deux domaines, nous attendons toujours des actions concrètes dont dépend la vie de millions de ressortissants ukrainiens.

La question de la langue devra être traitée en conformité avec les engagements pris, tout comme celle du cessez-le-feu, du retrait des armes lourdes, du désengagement, du retour du contrôle du gouvernement ukrainien sur la frontière, de la mise en œuvre de la décentralisation et du départ des forces armées étrangères ainsi que la dissolution des formations armées illégales.

Ce que nous attendons aujourd’hui, c’est une véritable ouverture au dialogue de la part de la Russie envers le nouveau président ukrainien. Ce matin même à Kiev celui-ci a fait dans son discours d’investiture du retour de la paix l’un de ses principaux objectifs.

Nous regrettons que la présidence n’ait pas donné suite à la proposition de six délégations de reporter cette réunion à une date ultérieure.

Dans ce contexte, la France objecte à l’adoption de l’ordre du jour de cette réunion et appelle les Etats membres du Conseil à voter contre la tenue de cette réunion.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/05/2019

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