La France prend des mesures pour la réinsertion des enfants libérés des conflits armés

Réintégration des enfants libérés des groupes armés
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Réunion du Conseil de sécurité en format Arria - 26 novembre 2019

Merci Monsieur le Président,

Je voudrais commencer à mon tour par remercier la Belgique, la Pologne, le Pérou et le Royaume-Uni et tous les intervenants à cette réunion qui se tient à l’aube du vingtième anniversaire du Protocole facultatif à la Convention des droits de l’enfant, concernant l’implication des enfants dans les conflits armés. Les intervenants nous l’ont bien expliqué, ces enfants doivent bénéficier d’un suivi qui soit à la fois individualisé et qui soit également de long terme après leur libération des groupes armés et leur réintégration dans leur environnement d’origine.

La France est bien sûr très impliquée sur toutes ces questions. Il y a maintenant douze ans, en 2007, nous avions accueilli avec l’UNICEF, la conférence « Libérons les enfants de la guerre ». Cet événement avait permis l’adoption des Principes et Engagements de Paris, et je voudrais saisir cette occasion pour réitérer l’appel de la France à l’universalisation de ces Principes et Engagements. Ceux-ci prévoient que l’aide apportée aux enfants doit être adaptée aux besoins de chacun, ce qui est bien le sujet dont on traite aujourd’hui. Cette aide doit être spécifique notamment pour les filles, qui font l’objet d’une stigmatisation malheureusement plus marquée et qui sont bien plus exposées aux violences sexuelles. On l’a entendu, l’aide attendue est également différente d’un enfant à l’autre. Les enfants n’ont pas les mêmes aspirations, n’ont pas la même histoire. C’est la raison pour laquelle nous devons tous les écouter avant d’agir. La résolution 2427 du Conseil de sécurité l’a affirmé très clairement : les vues des enfants doivent être prises en compte dans les programmes les concernant, à tous les stades des conflits. Ceci signifie notamment qu’il faut considérer les enfants libérés des conflits comme des acteurs positifs du changement et qu’il faut les associer à l’élaboration de programmes de prévention.

Je souhaiterais poser à cet égard une question aux intervenants : quelle sont les principales difficultés à surmonter pour remplir cet objectif de l’inclusion des enfants comme partie prenante dans les décisions qui les concernent ?

Je voulais aussi réitérer notre soutien au rôle de Mme Virginia Gamba et souligner à quel point son mandat doit constituer un pont entre les différents acteurs de la réintégration qui sont multiples -l’Etat, le système des Nations unies, la société civile, et qui concerner les trois facettes du nexus humanitaire-développement-paix.

Sur ce continuum, la France est engagée de longue date et de manière concrète, et je voulais revenir sur trois exemples concrets :

D’abord, s’agissant d’assurer l’accès au système éducatif et de formation pour offrir aux enfants de réelles opportunités, nous nous apprêtons à lancer en Libye un projet de renforcement de l’environnement éducatif pour les enfants déplacés à Misrata, Azzawya, Zwara et Tripoli, et ceci en partenariat avec l’UNICEF et Terre des Hommes.

Ensuite, deuxième exemple, on voit que lorsque les enfants ont été associés de près aux conflits, des dispositifs sur mesure, on l’a dit, et adaptés, sont indispensables. L’éducation joue là encore un rôle crucial. Et nous finançons à ce titre un projet qui est porté par l’association Acted pour la réinsertion professionnelle de 220 jeunes, qui sont particulièrement vulnérables, qui sont des ex-combattants des groupes armés en République centrafricaine. On voit aussi la nécessité de traiter le problème de la stigmatisation des enfants lorsqu’ils sont de retour dans leurs communautés. Et à cet égard, nous avons également, aux côtés de l’UNICEF et d’autres partenaires, un projet qui vise à favoriser la réintégration d’enfants associés à Boko Haram au Nigéria. Et nous traitons également avec les autorités cette fois-ci du Niger pour la mise en place d’un important programme dans la région de Tillabéri en direction des jeunes qui étaient partis combattre avec les groupes armés au Mali.

Enfin, le dernier exemple sur lequel je souhaitais attirer l’attention, c’est la nécessité de faire attention aussi aux enfants qui n’ont pas pris une part active aux combats mais qui en ont été affectés, notamment lorsqu’ils ont été blessés voire même mutilés. Et c’est pourquoi l’action de la France comprend un volet consacré aux soins, que ce soit à travers la chirurgie reconstructive ou l’accompagnement psychologique. Nous avons pour cela quatre projets avec la Women and Health Alliance International en Irak.

Et enfin, pour conclure, je souhaiterais poser une question un peu générale là aussi à l’ensemble des intervenants. Quel est le point sur lequel vous avez le plus de difficultés, mais sur lequel à la fois, le Conseil de sécurité pourrait vous apporter une aide concrète et de court terme ?

Dernière modification : 27/11/2019

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