La France réaffirme son soutien à la Colombie sur le chemin exigeant de la paix [en]

Colombie
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 14 avril 2020

Monsieur le Président,

Comme d’autres, je voudrais commencer par souhaiter la bienvenue à la ministre colombienne des Affaires étrangères, Mme Claudia Blum. C’est un honneur de vous voir participer à cette réunion virtuelle. C’est également un plaisir d’accueillir un représentant de la jeunesse colombienne, M. David Santiago Cano. J’exprime également la sincère gratitude de mon pays au RSSG Carlos Ruiz Massieu pour son exposé et pour le travail de la mission de vérification et du système des Nations unies dans son ensemble en Colombie.

La première remarque préliminaire que je voudrais faire est que la France estime que la coopération entre l’ONU et les autorités colombiennes, y compris dans la promotion des droits de l’Homme et dans la lutte contre la drogue et le crime, est essentielle. Nous espérons que cette coopération avec toutes les agences des Nations unies se poursuivra et se renforcera dans les mois à venir.

Monsieur le Président,

Comme ailleurs, et comme l’ont souligné avec éloquence les orateurs précédents, la pandémie COVID-19 constitue un sérieux défi en Colombie. C’est un défi au moins quadruple : un défi sanitaire, un défi humanitaire, un défi socio-économique et enfin un défi pour la mise en œuvre du processus de paix. A cet égard, je tiens à exprimer la solidarité de la France avec la Colombie dans la lutte contre la pandémie et à féliciter les autorités colombiennes pour avoir réaffirmé leur engagement en faveur de la paix dans ce contexte difficile. L’attitude positive des autorités locales et régionales récemment élues à l’égard de la mise en œuvre de l’accord de paix est également un signal important et positif. Nous saluons leurs efforts pour intégrer la mise en œuvre de la paix dans leurs programmes de gouvernement. Comme tous les autres membres de ce Conseil, la France soutient pleinement l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu global. En Colombie aussi, cela peut contribuer à renouveler la dynamique d’une paix durable. Le cessez-le-feu d’un mois annoncé par l’ELN doit être pleinement mis en œuvre et prolongé. Nous appelons tous les autres groupes armés en Colombie à suivre cette voie.

Ce que nous avons souligné à maintes reprises lors de réunions précédentes reste vrai : l’essentiel pour le succès à long terme de la paix est de parvenir à la pleine mise en œuvre de l’accord comme un ensemble de volets interconnectés. Comme le dit le Secrétaire général dans ses observations, l’accent doit être mis sur la durabilité et la nature globale du processus. À cet égard, je voudrais reconnaître les mesures positives observées au cours des derniers mois dans le domaine de la réintégration, par exemple avec l’accord entre les parties sur la feuille de route de réintégration qui fixe le cadre à long terme du processus de réintégration socio-économique. Ces efforts conjoints doivent maintenant se poursuivre, en mettant l’accent sur les anciens combattants qui résident en dehors des anciennes zones territoriales de formation et de réintégration (TATR). Il est important de surmonter la question de l’accès à la terre, qui se pose depuis longtemps. Les progrès accomplis dans le cadre des programmes de développement à vocation territoriale (PDET) sont également importants et doivent se poursuivre en vue de la mise en œuvre intégrale de la réforme rurale globale prévue par l’accord de paix.

Un autre domaine dans lequel de nouveaux progrès sont attendus est le programme de substitution des cultures illicites qui représente un immense espoir pour des milliers de familles. Il est crucial que ce programme obtienne les ressources nécessaires à son fonctionnement, notamment pour financer les projets de production de substitution qui sont une condition préalable à son succès à long terme. Dans ce domaine, nous voulons saluer le travail des Nations unies en Colombie.

Un troisième sujet qui mérite d’être salué et soutenu est le travail du Système global pour la vérité, la justice, les réparations et la non-répétition.

Un quatrième sujet est source de grave préoccupation et a été souligné dans le rapport du Secrétaire général. Il s’agit des assassinats tragiques de figures de la société civile, de défenseurs des droits de l’Homme et d’anciens combattants. Cette tendance reste très préoccupante. Aucun effort ne doit être épargné pour mettre un terme à ces assassinats, dans un contexte d’isolement encore plus grand en raison de la crise du COVID-19, et pour traduire les responsables en justice. La pleine utilisation des outils prévus dans l’accord de paix reste le meilleur moyen de progresser. Une attention particulière doit être accordée aux droits et à la protection des femmes, des enfants, des personnes LGBTI et des personnes appartenant à des minorités. Madame la Ministre, la France compte sur les autorités colombiennes pour renforcer les efforts visant à assurer la présence de l’Etat, tant civile que militaire, sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus reculées, en concertation avec la société civile.

Monsieur le Président,

Je voudrais conclure sur l’espoir de faire progresser la paix, y compris dans le sillage de la pandémie du COVID-19. Le soutien de la France au gouvernement et au peuple colombiens sur le chemin exigeant de la paix reste inébranlable.

Dernière modification : 14/04/2020

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