La France restera pleinement engagée en faveur d’une solution politique en Libye [en]

LIBYE
DECLARATION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
AMBASSADEUR, REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 2 septembre 2020

Merci Monsieur le président.

Je souhaite tout d’abord remercier et féliciter l’Indonésie pour sa présidence de notre Conseil au mois d’août, souhaiter bonne chance au Niger pour le mois de septembre et assurer le président du Conseil de mon plein soutien.

Je remercie Stephanie Williams et le représentant permanent adjoint de l’Allemagne, président du comité de sanctions, pour leur action, bien sûr, et aussi pour leurs présentations.

Nous le rappelons sans cesse : il n’y a pas de solution militaire en Libye.

A nouveau, la France appelle à un cessez-le-feu et à une reprise du processus politique, sous l’égide des Nations unies et sur le fondement des paramètres agréés par les Libyens.

Cela doit ouvrir la voie à des élections, à la réunification des institutions libyennes et à des réformes économiques et sécuritaires, lesquelles sont absolument indispensables.

Dans cet esprit, les déclarations du 21 août dernier du Président du Conseil présidentiel, Fayez Sarraj, et du Président de la Chambre des représentants, Aguila Saleh, constituent une étape positive. Ces déclarations doivent être désormais suivies d’effets sur le terrain et aboutir à un cessez-le-feu immédiat et durable, à l’arrêt des opérations militaires en Libye, au démantèlement des milices et à la reprise de la production pétrolière. Cette dynamique, qui devra s’appuyer sur des gestes réciproques, crédibles et vérifiables, permettra d’aboutir à une reprise du processus politique.

Nous appelons les acteurs libyens et internationaux à tout mettre en œuvre en ce sens, en cessant les hostilités et en s’engageant de bonne foi à soutenir ces développements. Les forces étrangères doivent se retirer de Libye. Ces ingérences ne sont pas acceptables et à cet égard nous condamnons les interférences et les violations de l’embargo sur les armes, dont le nombre a malheureusement augmenté depuis la tenue de la Conférence de Berlin le 19 janvier dernier.

La France appelle également les parties à poursuivre leurs efforts pour permettre la reprise dès que possible de la production pétrolière et l’allocation transparente des revenus qui en sont issus.

Dans cette perspective, ce Conseil doit jouer pleinement son rôle et, notamment, renforcer la médiation des Nations unies et de la MANUL.

Il doit être uni, ce Conseil, derrière la nomination, par le Secrétaire général et sans plus attendre d’un nouveau médiateur. Près de six mois se sont écoulés depuis la démission de Ghassan Salamé. La vacance de la médiation onusienne ne peut plus durer.

Pour permettre aux Nations unies de jouer pleinement leur rôle en Libye, nous soutenons le Royaume-Uni qui négocie actuellement un renouvellement ambitieux, pour un an, du mandat de la MANUL.

Nous sommes notamment ouverts à une discussion étroite avec tous nos partenaires du Conseil sur les moyens de renforcer l’efficacité de la mission. Nous proposons notamment de renforcer le rôle de la MANUL pour accompagner un possible cessez-le-feu en Libye ainsi que pour faire respecter l’embargo sur les armes.

La France restera pleinement engagée en faveur d’une solution politique en Libye, pour mettre un terme à ce conflit qui n’a que trop duré. Elle continuera pour ce faire d’appuyer les efforts des Nations unies et leur renforcement.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

Dernière modification : 02/09/2020

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