La France salue la mise en place de la transition au Mali [en]

MINUSMA

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 8 octobre 2020

M. le Président,

Je remercie le Représentant spécial, M. Annadif, pour son intervention, et pour son action à la tête de la MINUSMA. Je salue également l’action de la CEDEAO et de l’Union africaine qui se sont, dès les premières heures, mobilisées face à la crise politique au Mali.

La France salue la mise en place de la transition au Mali. Les autorités en charge du processus ont été nommées et nous leur adressons nos vœux de succès. Une charte de la transition a été publiée. La France se félicite de la libération des personnalités détenues depuis le 18 août. Enfin, nous saluons la levée des sanctions par la CEDEAO et nous rejoignons son appel à la dissolution du Comité national de salut du peuple.

Cette transition doit mener à la tenue d’élections ouvertes, libres et transparentes, d’ici dix-huit mois, et au rétablissement de l’ordre constitutionnel. La France encourage les nouvelles autorités à profiter de cette période pour jeter les bases d’une réforme des institutions. Il s’agit de bâtir une démocratie plus forte et plus légitime, conformément aux attentes exprimées par le peuple malien. Il importe d’inclure dans ce processus l’ensemble des parties prenantes, y compris les femmes et les jeunes, conformément à la résolution 2535.

Je souhaite réaffirmer trois priorités pour les mois à venir.

D’abord, nous devons impérativement poursuivre la lutte contre le terrorisme. Un nouvel élan a été donné en janvier dernier, à la suite du Sommet de Pau. A nos côtés, nos partenaires sahéliens ont enregistré plusieurs succès. En dépit des événements à Bamako, l’armée malienne est restée engagée. La force conjointe du G5 Sahel est de plus en plus autonome et efficace. Elle a encore besoin de soutien. Les groupes terroristes savent s’adapter. Les actions en matière d’aide humanitaire et de développement doivent accompagner celles accomplies en matière de sécurité, dans l’esprit de l’approche intégrée portée par la Coalition pour le Sahel. La France salue la mobilisation de l’Union européenne et de ses États membres.

Ensuite, la mise en œuvre de l’accord de paix doit reprendre sans tarder. Après des progrès en début d’année, le processus est à l’arrêt depuis juin. La France le réaffirme : il n’y a pas d’alternative à cet accord pour une réconciliation durable entre Maliens. Lors du renouvellement du mandat de la MINUSMA, ce Conseil a identifié des actions prioritaires en matière d’intégration des anciens rebelles dans les forces nationales, de réformes institutionnelles, de développement des régions du Nord et de participation des femmes. Cette feuille de route est claire et les Maliens doivent saisir l’opportunité d’avoir à disposition la MINUSMA pour les aider dans leur tâche. La participation des groupes signataires de l’accord au gouvernement de transition est un signal encourageant à ce titre.

Enfin, la troisième priorité reste de stabiliser le centre du Mali. Il est impératif que le droit international humanitaire soit respecté par tous et que les autorités de transition se mobilisent afin de fixer un cadre propice au dialogue, à la réconciliation et à la lutte contre l’impunité et au respect des droits de l’Homme. La France note l’ouverture d’enquêtes concernant les violences des derniers mois et encourage les autorités à les mener à bien, de manière indépendante et impartiale, afin de traduire en justice leurs auteurs. Pour appuyer ces efforts, la MINUSMA poursuit son action de protection des civils. Mais il lui faut, pour le faire pleinement, mettre en œuvre son plan d’adaptation et donc notamment disposer de plus d’hélicoptères. J’appelle les États membres à répondre à ce besoin urgent.

M. le Président,

Dans cette période décisive, nous devons réaffirmer notre soutien à la MINUSMA et aux priorités que nous lui avons assignées. Il nous semble également important de l’inviter explicitement à soutenir la transition.

La France proposera à l’issue de cette réunion un projet de déclaration du président du Conseil de sécurité reprenant ces éléments.

Je vous remercie.

Dernière modification : 08/10/2020

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