La France salue le rapprochement bilatéral entre le Soudan et le Soudan du Sud [en]

FISNUA
Intervention de M. Antoine Michon, coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 24 octobre 2019

Je souhaite tout d’abord remercier M. Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de paix et M. Parfait Onanga-Anyanga, Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, pour leurs présentations.

1/ Je voudrais commencer par saluer le rapprochement bilatéral entre le Soudan et le Soudan du Sud et notamment le rôle majeur joué par le Président Kiir dans le lancement des négociations de paix soudanaises la semaine dernière.

Nous nous réjouissons ainsi que le Premier ministre Hamdouk et le Président Kiir aient décidé, lors de leur rencontre à Djouba le 12 septembre dernier, de renforcer leurs relations bilatérales, notamment au sujet de leur frontière commune. La volonté du Premier ministre soudanais de restaurer les relations entre les populations frontalières est très encourageante.

Cette nouvelle donne permet d’espérer que la question d’Abyei sera enfin prise à bras le corps pour aboutir à une solution politique, négociée entre les deux gouvernements, qui seule permettra d’éviter que ce différend ne devienne un énième conflit gelé.

La tenue, le 2 octobre dernier, d’une réunion du mécanisme politique et de sécurité conjoint va dans cette direction et nous espérons que les deux pays poursuivront dans cette voie.

Nous vous incitons, Monsieur l’Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, à appuyer pleinement la reprise du dialogue politique sur Abyei et sur la démarcation de la frontière. Nous encourageons également le panel de haut niveau de l’UA à peser de tout son poids pour convaincre les deux parties d’aller de l’avant.

2/ Dans ce cadre encourageant, il est indispensable que les décisions du Conseil de sécurité concernant le mandat de la FISNUA soient enfin mises en œuvre.

La France encourage à cet égard les autorités soudanaises à autoriser, dans les meilleurs délais, le déploiement des contingents de police qui ont été décidés par ce Conseil l’an dernier. Ces nouveaux effectifs de police doivent permettre à la FISNUA d’endiguer la criminalité, notamment sur le marché d’Amiet, et de prévenir l’escalade de tensions intercommunautaires que l’on observe, et qui souvent sont liées à du vol de bétail.

Il est par ailleurs important que le Soudan du Sud collabore de bonne foi à la constitution du service commun de police d’Abyei et que les deux pays réunissent le Comité de supervision conjoint.

3/ Enfin, nous sommes favorables au renforcement de la composante civile de la mission.

Nous soutenons à cet égard la recommandation du Secrétaire général de déployer une section politique au sein de la FISNUA. C’est indispensable pour permettre à la mission de soutenir activement ce dialogue entre les parties, notamment à l’échelon local et cela permettrait à la mission de mieux prévenir les conflits locaux et de renforcer la coopération avec le groupe de travail de haut niveau de l’Union africaine. Nous demandons aussi au Soudan, dans ce même esprit, d’accepter la nomination d’un civil qui serait le chef adjoint de mission décidée par ce Conseil en mai.

Concernant le mandat plus global de la FISNUA, nous comprenons bien la logique suggérée par le Secrétariat qui consiste à donner plus de temps à la mission et aux autorités soudanaises pour mettre en œuvre la reconfiguration de la FISNUA qui a été décidée l’an dernier et nous sommes prêts à étudier positivement cette recommandation avec les autres membres du Conseil de sécurité.

Et enfin, je voudrais, pour conclure, comme l’a fait mon collègue américain, saluer le travail des troupes éthiopiennes, qui permettent, au quotidien, de stabiliser la situation à Abyei et le long de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Je vous remercie.

Dernière modification : 24/10/2019

Haut de page