La France salue les avancées dans la mise en œuvre de l’Accord de paix au Mali [en]

Mali
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 7 avril 2020

M. le Président,

Je remercie le Représentant spécial pour son intervention.

J’insisterai sur quatre points.

Tout d’abord, permettez-moi de souligner la dynamique créée par le Sommet de Pau. Il a réaffirmé la détermination des pays du G5 Sahel et de la France à lutter contre le terrorisme et rétablir la paix, la sécurité et le développement dans cette région.

Nous reconnaissons que l’amélioration de la sécurité est nécessaire. Mais nous devons aussi avoir une meilleure gouvernance et un meilleur développement pour permettre une appropriation durable par les autorités nationales et pour améliorer les conditions de vie des populations.

C’est pourquoi nous avons créé une Coalition pour le Sahel, en vue de mieux intégrer la lutte contre le terrorisme, le renforcement des capacités nationales, l’appui au retour de l’État et les programmes humanitaires et de développement.

Dans ce contexte, la France salue les avancées récentes et positives dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. Cela inclut notamment le début du déploiement de l’armée reconstituée à Kidal et dans d’autres villes, la visite du Premier ministre dans le Nord, et des progrès dans la participation des femmes au processus de paix. Je félicite la MINUSMA pour son travail, qui a joué un rôle essentiel à ces réalisations.

Beaucoup de travail reste à faire et la France encourage les parties maliennes à accélérer la mise en œuvre de l’accord. Cela comprend les progrès nécessaires en matière de réformes institutionnelles et l’achèvement du déploiement de l’armée reconstituée, sur la base des critères agréés.

Le premier tour des élections législatives, le 29 mars, a été un résultat important du dialogue national inclusif. Malheureusement, il a été marqué par un contexte d’insécurité et la pandémie de COVID-19. Nous sommes préoccupés par l’enlèvement de Soumaïla Cissé, chef de l’opposition, et nous appelons à sa libération rapide.

Le troisième point est la situation sécuritaire, qui reste préoccupante. Les groupes terroristes, en particulier ceux affiliés à Daech ou Al Qaïda, ont prouvé leur capacité d’adaptation. Nous condamnons l’attaque qui a eu lieu hier contre l’armée malienne à Bamba.

Cependant, nous voyons des raisons d’espérer. A la suite du Sommet de Pau, la France et ses partenaires du G5 Sahel ont inauguré des structures conjointes et intensifié leurs opérations. Les résultats sont là. Des dizaines de terroristes ont été neutralisés depuis janvier et, en mars, la force conjointe du G5 Sahel a mené, dans la zone des trois frontières, une opération sans précédent par son ampleur. Nous réitérons notre appel pour un soutien accru à cette force.

Un autre développement positif est le lancement de la Task Force Takuba pour soutenir l’armée malienne et son endossement par onze pays européens. La France remercie la Belgique et l’Estonie, membres du Conseil de sécurité, qui font partie de ceux qui se sont engagés à fournir des troupes.

Le dernier point est la situation humanitaire et des droits de l’Homme dans le cadre de la crise du COVID.

La France est préoccupée par la propagation de la pandémie de COVID-19 au Mali. Nous saluons les efforts des agences de l’ONU et de leurs partenaires. Ils doivent être soutenus. Il est également essentiel d’assurer un accès humanitaire sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin.

Dans le centre du Mali, la situation des droits de l’Homme reste préoccupante. Une fois de plus, un massacre atroce a eu lieu à Ogossagou en février. Nous reconnaissons les efforts du gouvernement du Mali, mais il faut faire plus. Les responsables doivent être arrêtés et poursuivis. Les milices doivent être désarmées et les forces de sécurité maliennes doivent être déployées pour protéger effectivement les populations.

Nous réitérons notre soutien au plan d’adaptation de la MINUSMA, qui a le potentiel d’améliorer l’efficacité de la mission, y compris pour la protection des civils. Son succès dépendra de l’allocation de ressources appropriées et de la capacité à générer de nouvelles forces. Nous appelons les pays contributeurs de troupes à répondre aux demandes du Secrétariat à cet égard.

Je vous remercie.

Dernière modification : 07/04/2020

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