La RDC fait encore face à de multiples défis [en]

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

INTERVENTION A TITRE NATIONAL
DE NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 25 juin 2020

Je remercie Mme Zerrougui et M. Usseni de leurs interventions.

La RDC fait encore face à de multiples défis. La MONUSCO l’aide mais la mission ne peut se substituer à l’action des autorités congolaises. La stabilité du pays sur le long terme dépendra de la capacité de la RDC à développer ses capacités propres pour apporter sécurité et stabilité à ses citoyens. Je saisis cette occasion pour adresser toutes mes condoléances à l’Indonésie et à son Ambassadeur après la mort tragique de ses casques bleus.

L’élection du président Tshisekedi a offert des perspectives encourageantes. Des progrès sont faits sur la lutte contre la corruption, la mise en œuvre de certains aspects du programme de gouvernement et la réconciliation.

Sur le plan sécuritaire, certaines régions entrent en phase de post-conflit et le travail doit maintenant se focaliser sur le renforcement de l’Etat et le développement pour consolider leur stabilité. Dans ces régions, les autorités congolaises peuvent prendre le relais de la MONUSCO, qui pourra alors recentrer ses efforts sur des régions qui subissent encore l’action des groupes armés congolais et étrangers, souffrent de conflits intercommunautaires, du pillage des ressources naturelles et dont les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants, subissent de nombreuses violations des droits de l’Homme.

Dans ces régions, un engagement déterminé des autorités nationales et provinciales est nécessaire, pour qu’au-delà de l’aspect militaire, une réponse socio-économique soit apportée contre les causes profondes des conflits. C’est le cas de l’Ituri, où la réapparition d’un conflit vieux de 20 ans illustre les risques à long terme quand ces causes structurelles ne sont pas traitées. Comme nous l’a montré M. Usseni, cela nécessite aussi une action forte pour mettre un terme l’exploitation et l’exportation illicite des ressources naturelles. La France appelle la RDC et les pays de la région à agir avec détermination sur ce sujet.

Sur le plan sanitaire et humanitaire, la situation reste préoccupante, en raison de la multiplicité des épidémies en cours. Le gouvernement fait preuve de volontarisme dans ce domaine et peut compter sur le soutien de la France, comme l’a montrée la visite en RDC du ministre français des Affaires européennes et étrangères, Jean-Yves Le Drian en RDC, les 8 et 9 juin.

Ces perspectives encourageantes et ces défis persistants doivent être pris en compte pour l’établissement d’une feuille de route conjointe entre la RDC et les Nations unies vers une sortie de la MONUSCO. Ce travail doit aboutir dans les meilleurs délais. La France encourage les autorités congolaises à s’engager pleinement dans cet exercice.

En attendant, l’amélioration constante de la performance de la MONUSCO reste cruciale. Une réforme ambitieuse de la FIB en particulier est indispensable. Des progrès rapides doivent être faits en la matière et l’engagement des pays contributeurs est pour cela nécessaire. Nous le devons aux populations qui chaque jour subissent les attaques des groupes armés.

Je vous remercie.

Dernière modification : 25/06/2020

Haut de page