La République centrafricaine fait toujours face à des défis majeurs [en]

MINUSCA

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE, REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

New York, le 19 octobre 2020

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial Monsieur Ndiaye et Monsieur Vervaeke pour leurs exposés et j’espère que nous allons aussi pouvoir entendre l’Union africaine en la personne de Monsieur Chergui.

La République centrafricaine fait toujours face à des défis majeurs.

La situation humanitaire continue de s’aggraver avec l’insécurité alimentaire, mais aussi la pandémie de COVID-19, la rougeole et le paludisme notamment. Les violations des droits de l’Homme et des droits des enfants persistent à des niveaux alarmants. Les violences sexuelles et basées sur le genre, et les violences contre les civils, les forces de sécurité et de défense et la MINUSCA sont intolérables. La France condamne fermement ces violations et appelle à ce que les responsables soient poursuivis et jugés.

Nous ne cesserons de le répéter : le respect du droit international humanitaire s’impose à toutes les parties. Les attaques contre les personnels humanitaires et médicaux doivent cesser et l’accès humanitaire doit être garanti.

La France souligne une nouvelle fois la nécessité d’assurer un processus électoral inclusif, transparent et pacifique, dans le respect des dispositions constitutionnelles.

Les partenaires internationaux ont rappelé clairement ces attentes lors de la réunion du 1er octobre, co-présidée par la République centrafricaine, l’Union africaine et la Communauté [économique] des Etats d’Afrique centrale, à laquelle le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a participé aux côtés du Secrétaire général.

Malgré la réforme du code électoral, qui a raccourci certains délais légaux, la préparation du scrutin accuse un retard susceptible de nuire à la qualité de l’ensemble du processus et à sa crédibilité et cela génère des tensions. Face à cette situation, le dialogue entre les différentes parties prenantes est primordial, afin de ne pas attiser les tensions davantage dans le pays.

Le bon déroulement du processus électoral est l’urgence du moment. Mais elle ne doit pas nous faire perdre de vue les enjeux de long-terme, à commencer par la mise en œuvre de l’accord politique pour la paix et la réconciliation.

Les violations de cet accord mettent en danger la réconciliation nationale et ce Conseil a su faire preuve de fermeté en sanctionnant le chef de l’un des groupes armés qui ne respectait pas ses engagements. Nous encourageons toutes les parties à redoubler d’efforts, en particulier dans le déploiement des unités spéciales mixtes de sécurité qui auront un rôle important à jouer pour protéger tous les Centrafricains. Enfin, le soutien au redéploiement et à la professionnalisation des forces armées centrafricaines ainsi qu’à la constitution d’une armée de garnison doit rester un objectif essentiel dans le soutien de la communauté internationale aux autorités centrafricaines.

Pour terminer, je souhaite remercier les Nations unies, et en particulier le Représentant spécial du Secrétaire général, l’Union africaine et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale pour leur appui à la République centrafricaine. Votre visite conjointe qui est prévue à la fin du mois sera un moment important pour démontrer que la mobilisation en soutien à la République centrafricaine ne faiblit pas à un moment charnière, malgré la pandémie. C’est dans ce même esprit que la France présentera un projet de résolution pour renouveler le mandat de la MINUSCA, qui expire le 15 novembre prochain.

Je vous remercie.

Dernière modification : 19/10/2020

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