La commission de la consolidation de la paix : un immense pontentiel

Débat sur la commission de la consolidation de la paix et sur le fonds de consolidation de la paix
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Assemblée générale - 20 mai 2019

Madame la Présidente,

Je me réjouis que nous discutions des travaux de la Commission de la consolidation de la paix (CCP) et du Fonds pour la consolidation de la paix, dans cette enceinte. Cela contribue à renforcer les synergies entre la CCP et l’Assemblée générale. Je me félicite aussi que, pour la première fois, en mars dernier, un dialogue interactif informel entre l’Assemblée générale et la CCP se soit tenu. Ce genre de synergies va dans le sens de la stratégie sur la pérennisation de la paix, présentée par le Secrétaire général en janvier 2018, et que nous soutenons pleinement.

La France croit que la CCP a un immense potentiel, non encore exploité. Nous saluons sa montée en puissance, ces dernières années. Une revue de l’architecture de consolidation de la paix se tiendra en 2020 : la France compte pleinement participer à ce chantier.

La CCP a notamment un rôle essentiel à jouer pour aider le Conseil de sécurité à comprendre de façon globale les causes et dynamiques d’un conflit, à entendre tous les acteurs, et à penser la sortie de crise sur le long terme. Je salue le fait que le Conseil de sécurité ait adopté en décembre dernier une déclaration de la présidence sur les relations entre la CCP et le Conseil. Le Conseil a ainsi encouragé le CCP à lui présenter des recommandations. Pour progresser, il est également important de faire ce travail de coordination de nos calendriers. Nous saluons à cet égard l’organisation, en mars dernier, d’un dialogue interactif informel entre la CCP et le Conseil de sécurité sur le Sahel, juste avant la visite du Conseil de sécurité au Mali et au Burkina Faso.

Madame la Présidente,

La CCP est une enceinte indispensable pour le partage d’expériences et de bonnes pratiques en matière de consolidation de la paix, dans un souci constant d’appropriation nationale. C’est essentiel. Les réunions de la CCP ces dernières semaines sur le Sri Lanka, la Gambie et le Burkina Faso, furent à cet égard emblématiques et très utiles.

Je voudrais aussi insister sur le rôle fondamental des femmes dans les processus de consolidation de la paix, et je salue le chantier en cours pour mettre à jour la stratégie sur le genre de la CCP.

Je voudrais rappeler également le soutien de la France au Fonds de consolidation de la paix. C’est un outil précieux, qui permet d’intervenir rapidement, et avec beaucoup de souplesse, et dans les contextes risqués et volatiles. C’est un instrument qui a en outre un rôle catalytique et un effet d’entrainement sur les autres bailleurs qui doit être souligné. La France a augmenté sa contribution au Fonds, en versant, en 2019, 500 000 euros.

Enfin, la France est totalement engagée, au niveau multilatéral comme au niveau bilatéral, pour œuvrer à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix. Nous avons adopté en 2018 une stratégie nationale sur la « prévention, la résilience et la paix durable ». La France a mis en place un Fonds « paix et résilience », pour appuyer la sortie de crise. Ce fonds, financé en partie sur la taxe sur les transactions financières, est doté de 100 millions d’euros par an, et passera à 200 millions d’euros par an d’ici 2020.

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/05/2019

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