La coopération triangulaire est dans l’intérêt de tous [en]

Coopération triangulaire
Intervention de Mme. Anne Gueguen, représentante permanente adjointe à la mission permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 10 juillet 2019

Monsieur le Président,

Je vous remercie chaleureusement pour avoir organisé ce débat qui porte sur un élément essentiel de l’efficacité et de la réussite des opérations de maintien de la paix qui est l’objectif que nous portons tous collectivement dans l’initiative Action pour le maintien de la paix. Je voudrais également adresser mes plus sincères remerciements au Secrétaire général adjoint pour opérations de paix, au Commandant de la Force MINUSMA, et à Madame Novosseloff pour leurs contributions particulièrement précieuses.

1/ Je voudrais commencer par me faire l’écho moi aussi des interventions précédentes et rappeler l’importance capitale que la France attache à la coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat des Nations unies et les Pays contributeurs de troupes et de polices. Cette coopération sous la forme de consultations régulières est nécessaire à tous les stades du cycle de la vie des opérations de maintien de la paix : de leur élaboration à leur retrait, en passant par leur exécution et leur renouvellement.

En effet, parce qu’ils sont présents sur le terrain, parce qu’ils ont souvent une longue expérience et une longue pratique des opérations de maintien de la paix, parce qu’ils connaissent les difficultés auxquelles les casques bleus font face comme le commandant de la MINUSMA vient de nous le rappeler, et parce qu’ils ont un avis d’experts, les pays contributeurs de troupes et de police ont beaucoup à apporter à la fois à la planification, à la prise de décision et au déploiement effectif des opérations. Les informations et les leçons qu’ils font remonter des théâtres d’opérations sont très utiles pour élaborer mais aussi pour ajuster les mandats des OMP et faire en sorte que ces mandats soient adaptés aux réalités du terrain.

Cela a été dit, face à une complexification croissante de la dynamique de conflits, un dialogue soutenu entre le Conseil, les pays contributeurs de troupes et le Secrétariat est essentiel pour la conduite efficace des missions qui doivent pouvoir être calibrées sur mesure, qui doivent pouvoir être performantes, crédibles, et capables de s’adapter à des environnements qui sont en mutation permanente.

On voit bien que la coopération triangulaire est dans l’intérêt de tous et traduit dans la pratique les valeurs du multilatéralisme qui nous réunit ici aujourd’hui et qui gouverne notre action à l’international.

2/ Je voudrais insister à cet égard, et ceci constituera mon second point, sur le fait que nous disposons déjà de nombreux outils pour assurer le bon fonctionnement de cette coopération triangulaire comme Jean-Pierre Lacroix vient de nous le rappeler. Nous avons plusieurs formats de réunion au Conseil qui permettent d’interagir avec les pays contributeurs de troupes et le Secrétariat : dans cette enceinte même, avec la réunion des pays contributeurs de troupes, dont la prochaine se tiendra d’ailleurs dans quelques jours ; au sein du Comité spécial pour les opérations de maintien de la paix - le C-34 qui donne l’opportunité à tous les acteurs du maintien de la paix de s’exprimer - ; et également grâce aux réunions de contributeurs qui sont organisées par le Secrétariat.
Du point de vue de la France, je crois qu’il s’agit moins de mettre en place de nouveaux formats de réunions que de s’attacher à redynamiser, à intensifier, à améliorer l’efficacité de ceux dont nous disposons aujourd’hui. Il est ainsi important que chacun soit bien présent et participe de manière active à ces enceintes de coordination, qui sont essentielles à l’amélioration de l’élaboration et de l’exécution des mandats des opérations.

3/ Je souhaiterais enfin rappeler que la France est pleinement engagée dans la coopération triangulaire et s’efforce d’être exemplaire sur les mandats pour lesquels elle tient la plume notamment la MINUSMA mais également la MONUSCO et la MINUSCA. En effet, nous nous efforçons de consulter systématiquement les pays contributeurs de troupes tout au long de l’année – et pas seulement au moment du renouvellement du mandat -, nous organisons des visites d’évaluation sur le terrain en amont de chaque renouvellement de mandat, nous consultons également l’Etat hôte et nous travaillons à prioriser autant que possible les mandats. Nous essayons ainsi d’enclencher une dynamique positive.

En dehors de ces activités de consultations, nous sommes également pleinement impliqués dans la formation et dans le renforcement des capacités des pays contributeurs de troupes, en particulier francophones, l’information étant un autre élément clé de la coopération triangulaire.

Ainsi, la France soutient six centres de formations aux OMP en Afrique, trois en Amérique latine et un centre en Asie, qui contribuent à renforcer les capacités des futurs contingents déployés en OMP. Nous renforçons également les compétences de ces contingents dans des domaines spécialisés comme le déminage, la santé, la police judiciaire, la logistique, ou encore la protection civile grâce à notre réseau d’écoles nationales à vocation régionale et notre réseau de 320 experts insérés au plus près des forces de défense et de sécurité dans de nombreux pays.

A travers ces différentes actions, la France s’engage à former l’an prochain plus de 30 000 militaires africains pour leur permettre de servir notamment dans des OMP. C’est un effort qui est à la fois considérable et directement opérationnel.

Enfin, parce que la coopération repose avant tout sur le partage, nous sommes également impliqués dans le mécanisme informel de coordination - Light Coordination Mechanism – qui permet au secrétariat d’être pleinement informé des différentes actions de formation qui sont conduites par les Etats pourvoyeurs, au profit des pays contributeurs de troupes.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais conclure en insistant une fois encore sur l’importance de l’engagement actif de chacun dans les mécanismes existants de coopération triangulaire afin que ceux-ci puissent produire tous les effets positifs escomptés en vue de la réussite des opérations de maintien de la paix comme nous nous y sommes engagés au sein de l’initiative Action pour le maintien de la paix.

Je vous remercie.

Dernière modification : 31/07/2019

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