La crise de COVID-19 a induit une augmentation des violences sexuelles et sexistes [en]

75ÈME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

EVENEMENT PARALLELE : VIOLENCE BASEE SUR LE GENRE DANS UN CONTEXTE DE COVID-19 : ACTIVATION DE REPONSES COLLECTIVES, DE PARTENARIATS INNOVANTS ET DE POLITIQUES EFFICACES

INTERVENTION DE MME ELISABETH MORENO,
MINISTRE CHARGEE DE L’ÉGALITE ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES, DE LA DIVERSITE ET DE L’ÉGALITE DES CHANCES

New York, le 29 septembre 2020

Je suis particulièrement honorée de participer à cet évènement aujourd’hui, sur un sujet de la plus haute importance et qui me tient particulièrement à cœur depuis ma prise de fonctions en tant que Ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances.

Une des conséquences les plus dramatiques de la crise que nous connaissons est l’augmentation des violences sexuelles et sexistes. Nous l’avons observée en France comme dans de nombreux pays. Cette situation nous oblige à nous mobiliser collectivement pour obtenir des résultats concrets et pour assurer aux femmes et aux filles leur droit le plus fondamental à la sécurité. C’est pourquoi je souhaitais m’exprimer aujourd’hui lors cet évènement, organisé par ONU Femmes, pour réitérer l’engagement sans faille de la France, à la fois sur notre territoire et dans notre politique étrangère féministe, et pour soutenir le Secrétaire Général dans sa volonté de mettre cet enjeu en haut de son agenda.

Comme certains d’entre vous le savent, l’égalité femmes-hommes et surtout la lutte contre les violences faites aux femmes est la grande cause nationale du quinquennat du Président Macron. La France s’est particulièrement mobilisée pendant la pandémie en prenant des mesures innovantes et fortes pour s’adapter et prévenir les risques liés au confinement.

Tout d’abord, nous avons renforcé les dispositifs d’alerte et d’écoute en direction des victimes. Tenant compte des difficultés pour se rendre physiquement au commissariat en période de confinement, nous avons renforcé nos lignes d’écoute, le signalement par SMS et les plateformes numériques.

Un dispositif de signalement en pharmacie pour les femmes et leurs enfants victimes de violences a été également créé, comme des nouveaux points d’information dans les associations locales, les services de l’État ou les centres commerciaux.

Des financements supplémentaires ont été accordés pour permettre aux associations d’aide aux victimes de poursuivre leur action de première ligne si primordiale.

Je note avec satisfaction qu’ONU Femmes a reconnu la France comme un des pays qui a pris les mesures les plus ambitieuses pour lutter contre les violences durant cette période. Nous ne nous reposons pas sur ces lauriers. Je sais aussi que cet effort doit continuer et être amplifié et nous sommes déterminés à continuer à agir en ce sens, en temps de pandémie comme en temps normal.

Notre engagement pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles se traduit également dans la politique étrangère féministe que mène la France.

Depuis 2006, la France porte conjointement avec les Pays-Bas une résolution sur les violences faites aux femmes. Cette année, la résolution traitera en particulier de l’accès à la justice pour les femmes victimes et survivantes de violences. Nous cherchons le soutien de tous les Etats membres pour que le résultat soit à la hauteur de la situation actuelle.

Cet engagement se concrétise également à travers notre plaidoyer en faveur de l’universalisation de la Convention d’Istanbul, qui reste un instrument primordial du droit international pour protéger les femmes. La France continuera d’être vigilante, contre les tentatives d’instrumentalisation de la Convention par les forces conservatrices, pour la promouvoir dans toutes les enceintes et pour appeler de nouveaux pays à l’adopter et la ratifier.

Je voulais finalement rappeler l’engagement du Président de la République lors de la Présidence française du G7 en 2019 d’un soutien financier à hauteur de plus de 6 millions d’euros au fonds mondial pour les survivant(e)s de violences sexuelles liés aux conflits , créée par les prix Nobel Dr. Denis Mukwege et Nadia Murad. Je salue à nouveau leur travail remarquable.

Enfin, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes sera un des sujets incontournables du Forum Génération Egalité, organisé conjointement avec le Mexique et ONU Femmes, au premier semestre 2021.

Le Forum, dont l’ADN est d’unir tous les acteurs de la société civile, les Etats, le secteur privé, les organisations internationales, est une opportunité d’obtenir des résultats inédits et extrêmement concrets pour faire reculer les violences.

Une des six coalitions d’action qui seront lancées à Paris portera spécifiquement sur les violences de genre. Vous avez entendu et entendrez les champions de cette coalition lors de l’évènement d’aujourd’hui témoigner de notre volonté de travailler ensemble. C’est l’esprit du multilatéralisme dans les actes que porte le Président Macron et la France continuera d’y prendre toute sa part, particulièrement dans cette lutte en faveur de l’égalité.

Dernière modification : 28/09/2020

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