La faim continue de hanter certaines régions du monde

Réunion du Conseil de sécurité en format Arria - Réponse à l’appel du Secrétaire Général sur les 4 pays en situation de famine - Intervention de François Delattre,
Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies - 16 juin 2017

Madame la vice-Secrétaire générale, Chère Amina,

Monsieur le Secrétaire Général adjoint, Cher Stephen,

Messieurs les panélistes, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mes chers amis,

C’est un grand honneur pour mes collègues et pour moi de vous accueillir aujourd’hui pour cette réunion importante sur les pays en situation de famine et je voudrais remercier ici les autres pays qui avec la France ont pris l’initiative de cette réunion en format Arria. Je veux citer l’Ethiopie, le Sénégal, l’Egypte, la suède, l’Italie, la Grande Bretagne, les Etats-Unis et le Japon en particulier.
Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour une réunion essentielle, novatrice aussi je crois, sur un sujet vital au sens propre, celui de la famine, pour essayer à la fois de définir un état des lieux commun et de réfléchir aux pistes d’action que nous pourrions emprunter ensemble.

Même si la faim a reculé depuis 25 ans, elle continue de hanter certaines régions du monde, en particulier en raison des conflits qui s’y sont multipliés. En 2017, près de 20 millions de personnes sont menacées par la famine au Yémen, en Somalie, dans le Nord-Est du Nigeria ou encore au Soudan du Sud.
En février dernier, devant l’immensité des besoins, le Secrétaire Général a appelé les Etats membres des Nations Unies à un sursaut de solidarité et de générosité. Cet appel n’a été financé à ce jour qu’à hauteur de 38% ; nous en appelons donc à la mobilisation de tous pour relever ce défi collectif et, encore une fois, vital. Au-delà des financements, la question de l’accès humanitaire aux populations, de la sécurité des personnels médicaux et des acteurs humanitaires, des blocages administratifs récurrents qui les empêchent de faire leur travail ou, tout simplement et tragiquement, le fait que la faim soit parfois utilisée comme méthode de guerre, tout cela fait partie des problématiques dont nous voulons parler aujourd’hui. L’aide doit parvenir à toutes les populations qui en ont besoin, où qu’elles se trouvent, dans le respect des principes humanitaires. Il est également fondamental que les populations civiles soient protégées, conformément au droit international humanitaire.

Et puis n’oublions pas que la malnutrition, conséquence de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et d’un développement insuffisant, fragilise les populations les plus vulnérables et aggrave encore l’ampleur des tragédies qui l’ont fait naître.

L’insécurité alimentaire chronique qui a été accentuée jusqu’à atteindre la famine au Soudan du Sud ou un risque imminent de famine au Nord-est du Nigeria, au Yémen et en Somalie, en raison des conflits qui y prévalent, nous rappelle les responsabilités particulières du Conseil de sécurité pour empêcher ou mettre un terme aux conflits et en atténuer les conséquences sur le moyen et le long terme.

C’est la raison pour laquelle, avec les autres pays concernés et avec votre présence à tous, dont je vous remercie, nous avons souhaité qu’une réunion en format Arria se tienne sur cette question du lien entre la famine et les conflits. Nous sommes particulièrement heureux qu’une grande majorité des membres du Conseil nous aient rejoints dans cette initiative.

Je suis tout particulièrement heureux d’accueillir Madame Amina Mohammed, vice-Secrétaire générale, que vous connaissez tous pour son énergie inlassable et son engagement professionnel et personnel dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Elle sera remplacée un peu plus tard par Monsieur Stephen O’Brien, Secrétaire Général adjoint pour les affaires humanitaires, à qui je voudrais également souhaiter chaleureusement la bienvenue.

Nous avons également parmi nous Monsieur Franck Bousquet, Directeur du Département « Fragilités, conflits et violence » du Groupe Banque Mondiale, qui pourra nous parler de la politique du Groupe de « tolérance zéro » à l’égard des famines dans le monde.

Cette réunion est également l’occasion pour nous de rendre hommage à l’ensemble des acteurs humanitaires qui réalisent dans des conditions difficiles un travail remarquable sur le terrain afin d’apaiser les souffrances des populations civiles et je me réjouis tout particulièrement d’avoir aujourd’hui, Monsieur Andrea Tamburini de l’ONG action contre la faim à cette table pour compléter ce panel d’excellence.

Nous espérons donc de tout cœur que cette réunion novatrice sera utile, qu’elle nous permettra de progresser, qu’elle marquera notre solidarité collective avec ces populations en détresse, en adressant aussi le signal que nous avons la volonté, la ferme volonté collective d’agir.

Sans plus tarder, je me tourne vers la vice-Secrétaire générale, Chère Amina, à qui je cède la parole.

Dernière modification : 19/06/2017

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