La fermeté est notre meilleur antidote face au risque de guerre [en]

Adoption d’une résolution renforçant les sanctions contre la Corée du Nord
Explication de vote de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 22 décembre 2017

Monsieur le Président,

La France salue l’adoption à l’unanimité de la résolution 2397, qui marque une étape significative dans le renforcement des sanctions contre le régime nord-coréen. Nous remercions les Etats-Unis, la Chine et chacun des membres de ce Conseil pour leur engagement déterminé. Je voudrais exprimer des remerciements particuliers à ma collègue américaine Nikki Haley dont l’engagement a contribué pour beaucoup à ce résultat.

Monsieur le Président,

Le vote d’aujourd’hui répond à la gravité des enjeux et à l’ampleur de la menace pesant aujourd’hui sur la paix et la sécurité. La Corée du Nord a accéléré cette année sa course irresponsable mais méthodique vers le développement d’un arsenal nucléaire opérationnel, au prix du sacrifice de sa propre population. Ses multiples agissements déstabilisateurs ont alimenté une grave montée des tensions dans la région, des tirs balistiques intercontinentaux à l’essai nucléaire mené en septembre, sans oublier le survol à deux reprises du territoire japonais. Au-delà, ne nous y trompons pas, la menace nord-coréenne pèse sur notre sécurité à tous, car chaque pays est aujourd’hui concerné par la portée des missiles nord-coréens.

Monsieur le Président,

A chacun des agissements nord-coréens, ce Conseil a su réagir à l’unisson, efficacement et avec fermeté ; parce qu’il en va aussi de notre crédibilité à répondre à cette menace directe contre la paix et à la sécurité régionales et internationales, qui est aussi une attaque frontale contre le régime international de non-prolifération nucléaire. C’est pourquoi, dès le lendemain du tir de missile balistique survenu le 29 novembre, la France avait plaidé en faveur du renforcement des sanctions.

C’est ce que nous faisons aujourd’hui avec l’adoption de cette nouvelle résolution, qui permet d’adresser un double message dénué d’ambiguïté d’unité et de fermeté.

Cette résolution, qui vient compléter l’arsenal de mesures renforcé par les résolutions 2371 et 2375 adoptées cet été, sanctionne des acteurs au cœur du fonctionnement du régime. Elle accroît aussi nettement les contraintes pesant sur les ressources du régime nord-coréen (en particulier les travailleurs nord-coréens), mais aussi celles de nouveau imposées aux exportations de pétrole vers la Corée du Nord. Nous renforçons les outils à notre disposition pour empêcher le contournement des sanctions, notamment dans le domaine maritime. Enfin, ce Conseil prend l’engagement d’adopter de nouvelles mesures précises et ciblées sur le pétrole si la Corée du Nord effectue un nouvel essai nucléaire, ou poursuit sur le chemin du développement de capacités balistiques intercontinentales.

A travers les dispositions que je viens de rappeler, cette résolution vise bien à cibler le régime, ses acteurs et ses ressources, pour changer le calcul et la politique de la Corée du Nord. Cette résolution participe donc de la pression maximale que nous souhaitons exercer sur le régime pour le faire revenir à la table des négociations.

La nécessaire fermeté que nous exprimons aujourd’hui se situe en effet au service d’une stratégie politique qui seule peut mettre un terme à la crise nord-coréenne.

La France est favorable bien sur à une reprise des discussions, et le plus tôt sera le mieux. Mais nous attendons toujours avec impatience des signaux concrets du régime nord-coréen sur sa propre volonté de discuter.

Monsieur le Président,

La conviction de la France est que la pression maximale sur le régime nord-coréen est notre meilleur levier pour permettre le dialogue, qui est lui-même la condition d’un règlement politique.

Pour le dire simplement et nettement, la grande fermeté que nous exprimons unanimement aujourd’hui est notre meilleur antidote face au risque de guerre et notre meilleure chance d’ouvrir la voie au dialogue et donc à la solution politique que nous recherchons.

Je vous remercie.

Dernière modification : 19/07/2018

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