La fermeture des écoles expose davantage les enfants au travail précoce [en]

ENFANTS ET CONFLITS ARMES : LES ATTAQUES CONTRE LES ÉCOLES COMME VIOLATIONS GRAVES DES DROITS DE L’ENFANT

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST, REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 10 septembre 2020

Monsieur le président,

Je tiens tout d’abord à saluer votre engagement en faveur de la protection des enfants et des écoles, qui a été érigée en priorité de votre présidence. Nous nous réjouissons également de l’adoption à l’instant d’une déclaration présidentielle sur ce sujet si important, portée par le Niger et la Belgique.

Je remercie nos intervenantes du jour pour leurs propos et pour leur action. Je félicite aussi tout particulièrement nos jeunes militantes du Niger pour leurs témoignages et leur action sur le terrain. Je salue à travers elles le travail de l’ensemble des acteurs de terrain qui sont engagés en faveur de la protection de l’enfance et de l’éducation, notamment dans le contexte si éprouvant de l’épidémie de coronavirus. Je pense aussi à l’action indispensable de l’UNESCO sur cette thématique, en lien avec les autres acteurs des Nations Unies.

Nous venons d’observer la première Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques. Cette journée et ce débat nous rappellent une réalité glaçante, vous avez été nombreuses à en parler : les attaques contre les écoles ont perduré en 2019 et se poursuivent cette année en 2020. Le dernier rapport du Secrétaire général a recensé près d’un millier d’attaques contre les écoles et les hôpitaux, en totale violation du droit international. Dans la région du Sahel, plusieurs milliers d’enfants ont été déscolarisés. Le droit à l’éducation des filles et adolescentes est particulièrement menacé. La pandémie de coronavirus amplifie ces difficultés. La fermeture des écoles expose davantage les enfants, et en particulier les filles, au travail précoce mais également aux mariages précoces et forcés.

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité doit rester mobilisé, à travers son groupe de travail mais également dans l’ensemble de son action. Je renouvelle à ce sujet l’indispensable mise en œuvre de la résolution 2532 endossant l’appel du Secrétaire général des Nations unies à un cessez-le-feu mondial. Je salue également l’action du Secrétaire général, de ses envoyés spéciaux et de la représentante spéciale Virginia Gamba, dont je salue l’action, pour que la question de la protection de l’enfance continue d’être abordée avec les parties aux conflits directement.

De son côté, la France continuera à jouer un rôle actif. Nous continuerons d’appeler à l’endossement universel des Principes et engagements de Paris, qui font de la scolarisation une priorité pour lutter contre le recrutement et contre l’exploitation d’enfants. Nous appelons également à l’endossement de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, dont nous commémorons le 5ème anniversaire. Je salue à ce titre l’action absolument remarquable et indispensable de la coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques. Ces documents sont des engagements essentiels et complémentaires à la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant et de tous ses protocoles.

La France a également fait de l’éducation une priorité de son action extérieure. Elle a sensiblement augmenté son aide bilatérale dans ce domaine et soutient activement l’UNESCO en la matière, notamment pour renforcer la résilience des jeunes face à l’extrémisme violent au Sahel. La France s’est, par ailleurs, réengagée en 2018 au sein du Partenariat Mondial pour l’Education avec une contribution de 200 millions d’euros pour le cycle 2018-2020. Elle participera activement à la campagne de mobilisation des ressources en vue de la conférence de reconstitution des fonds de ce partenariat pour l’été 2021. Parce que les filles sont particulièrement victimes des violences et des inégalités, la France soutient par ailleurs la mise en place d’environnements protecteurs pour les filles au sein des écoles via l’Initiative « Priorité à l’Egalité », qui intervient dans les pays du Sahel.

Vous le savez Monsieur le Président, ces questions demeurent au cœur de notre engagement, au Sahel en particulier.

Je vous remercie.

Dernière modification : 10/09/2020

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