"La lutte contre le terrorisme requiert une réponse organisée, ferme et unie" [en]

« La coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales : le rôle de l’OCS, de la CEI et de l’OTSC dans la lutte contre le contre-terrorisme »

Intervention de M. Jean-Baptiste LEMOYNE
Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères

Réunion ministérielle du Conseil de sécurité - 25 septembre 2019

Merci Monsieur le Président,

Permettez-moi de commencer par remercier le Secrétaire général des Nations Unies, les représentants de l’Organisation du Traité pour la Sécurité collective, de l’Organisation de la coopération de Shanghai et de la Communauté des Etats indépendants, pour leurs présentations des actions menées par leurs organisations respectives.

Monsieur le Président,

Le terrorisme est aujourd’hui l’une des plus grandes menaces à la paix et à la sécurité internationales. Cette menace persiste. Malgré la perte de son ancrage territorial, Daech – pour ne citer que cette entité – continue de poser une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales, notamment à travers ses filiales et les attaques qu’il continue d’inspirer.

La lutte contre le terrorisme est donc au centre de l’action de notre Conseil. Elle requiert, de la part des Etats et de la communauté internationale dans son ensemble, une réponse organisée, ferme et unie. Et elle ne peut être efficace que si elle respecte pleinement les droits de l’Homme, conformément à la stratégie globale des Nations unies contre le terrorisme adoptée par les 193 Etats Membres.

1/ Au plan mondial, les Nations Unies ont un rôle majeur et croissant à jouer en la matière.

• rôle rempli notamment par la création de normes et d’obligations, d’abord, pour que les Etats se dotent de mécanismes robustes de lutte contre le terrorisme ;

• deuxièmement, l’adoption de sanctions qui visent à priver les groupes terroristes des moyens de commettre des attentats ;

• troisièmement enfin, et c’est ce qui nous réunit aujourd’hui, le renforcement de la coopération internationale et régionale, afin d’encourager les Etats à travailler davantage ensemble, ainsi que l’échange de bonnes pratiques.

2/ Au plan régional, l’Asie centrale est un espace qui continue à faire face à des défis importants, aux plans économique et politique, mais également sécuritaire, cela a été signalé auparavant. La situation sécuritaire dégradée et l’incertitude politique en Afghanistan sont naturellement des facteurs déstabilisants, notamment pour le voisinage. Je le dis parce que j’ai en souvenir cette visite récente au Tadjikistan. Et nos amis tadjiks qui ont accueilli des éléments français lorsque nous étions en Afghanistan doivent savoir que nous restons à leurs côtés face à ce défi. Et cela est vrai pour les autres Etats de la région. Le risque terroriste n’épargne aujourd’hui personne, prospère souvent, parmi d’autres facteurs, dans un contexte de frustrations sociales des populations, en particulier au sein d’une jeunesse qui peut être tentée par la radicalisation.

Ce contexte fragile rend indispensable la coopération entre tous les acteurs présents dans la région, en particulier les Etats et les organisations internationales et régionales dont je salue la présence parmi vous de leurs secrétaires généraux aujourd’hui. Les Nations Unies ont un rôle important à jouer pour encourager cette coopération, comme l’a montré l’organisation, c’était en mai dernier, de la conférence régionale du bureau du contre-terrorisme des Nations Unies sur la question essentielle de la lutte contre le financement du terrorisme à travers le trafic de drogue et le crime organisé. La mission du Centre des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale doit également se poursuivre. Son action a été saluée par le ministre des Affaires étrangères du Koweït et par le vice premier ministre de Belgique, M. De Croo, et nous nous associons à cela. Accompagner les pays de la région dans l’élaboration de réponses nationales à ces défis, les encourager aussi à renforcer la coopération régionale sont des objectifs prioritaires.

3/ L’Union européenne, qui est une organisation régionale elle-aussi, prend pleinement sa part dans la lutte contre le terrorisme, notamment en Asie centrale. Au cours de la décennie écoulée, nous avons mis au point des programmes importants en matière de gestion des frontières (BOMCA), de lutte contre la drogue (CADAP). Nous avons adopté il y a quelques mois, c’était en juin, une nouvelle stratégie pour l’Asie centrale. Cette nouvelle stratégie vise explicitement à renforcer nos coopérations en matière de contre-terrorisme, à prévenir l’extrémisme violent et la radicalisation en en traitant les causes profondes. L’Union européenne est donc pleinement investie et engagée et elle entend poursuivre son action en matière de coopération régionale. Elle pourra d’ailleurs étendre à l’Afghanistan certains cadres de dialogue et de coopération mis en place avec les pays d’Asie centrale. La jeunesse et l’éducation constituent également un axe de travail important fixé par cette nouvelle stratégie de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Je veux dire pour terminer que les synergies entre l’ONU et les organisations régionales en matière de lutte contre le terrorisme fonctionnent. C’est à nous, membres de ce Conseil de sécurité, de les encourager. Sachez que la France y prendra toute sa part.

Dernière modification : 11/10/2019

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